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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 21:51

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La Baie de Eze est une terre de légende, c'est ici que l'on retrouve les plus grands exploits de la piraterie, de la flibuste, ainsi que l'un des plus célèbres Corsaires avec Jean Bart et Surcouf: Joseph Bavastro.

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  Celui que l'on va surnommer le "lion de Gibraltar" est corsaire impérial et capitaine de frégate sur un curieux navire équipé « à la Bavastro » et traque les navires anglais. Sa bonne étoile ne l'abandonnera pas. Il ne sera jamais capturé, il ne fera pas partie des milliers d'autres corsaires qui croupiront tôt ou tard sur les pontons anglais.

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C'est un baroudeur des mers lancé par son père dans le commerce des ports mêlant affaires et tractations hautes en couleurs avec les pirates barbaresques de la Méditerranée occidentale. Sa zone de prédilection: la grande bleue qu'il connaît bien, plus particulièrement les eaux espagnoles où il va guetter l'anglais et le harceler. Dès l'année 1800, et sans interruption jusqu'en 1815, il va multiplier les attaques de tout ce qui est commerce britannique.

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L'histoire suivante est un fait de piraterie moins réjouissant. A l'époque de Marie Stuart, une délégation de la Maison de Savoie emmenée par le comte Moretti en route pour l'Ecosse fit halte à Nice. Don Riccio, un gentilhomme de la suite, profita de ce temps libre pour découvrir les alentours vers les hauteurs d'Eze. A l'orée du sentier qui ne s'appelait pas encore "Sentier de Nietzsche", son attention fut attirée par des cris stridents.

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Deux pirates s'en prenaient à une jeune femme. Dégainant son épée, il lui fallu peu de temps pour chasser les malandrins. Ce n'est qu'à cet instant qu'il découvrit la beauté de cette jeune niçoise. C'était une sauvageonne, mais elle possédait la prestance d'une comtesse. La finesse et l'harmonie de ses traits transparaissaient derrière ses cheveux noirs corbeau. Elle, le dévisageait. C'était la première fois qu'un gentilhomme lui prêta attention. Comment t'appelles-tu ? lui demanda-t-il d'une voix douce.

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"Catarina, la Strega, diseuse de bonne aventure" répondit-elle un peu intimidée. Moi, c'est Don Riccio, répondit-il. Il lui proposa ensuite de la raccompagner jusqu'à sa maison située sur la moyenne Corniche actuelle au milieu du maquis. Sur le sentier de terre, avec la méditerranée comme horizon, une idylle ne tarda point à naître. Le lendemain, ils passèrent la journée ensemble, dans quelques criques isolées à l'abri des regards. Les heures passaient et Don Riccio devenait de plus en plus sombre. "Qu'y a-t-il ? lui demanda-t-elle ?». "Demain, à l'aube je pars pour l'Ecosse". 

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 Catarina supplia Don Riccio de rester, d'abandonner son titre, ses fonctions. "Avec l'aide de Dieu, nous vivrons ici sans manquer de rien." Don Riccio, refusa. Il devait partir pour se délivrer d'une promesse. Ensuite, c'est juré, il reviendrait vers elle. Chez elle, dans sa maison au milieu des herbes folles. Le cœur brisé elle se résolut à l'écouter et lui promit d'allumer des coquilles d'escargots remplies d'huile, les limache, pour signaler sa maison dans la nuit.

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Don Riccio ne revint pas. Mais au crépuscule, les voyageurs aperçoivent régulièrement des lueurs là haut dans le maquis… Il trouva la mort sous la lame de Darnley le 9 mars 1566 dans le palais de Holyroodhouse à Edimbourg. David Riccio a réellement existé. Il est né à Pancarlieri près de Turin en 1533.  Certains prétendent qu'il était l'amant de Mary Stuart, d'autres qu'il espionnait pour le compte du pape… A Eze, au moment de la Fête Dieu, les villageois éclairent les ruelles de centaines de coquilles d'escargots remplies d'huile pour la procession des Pénitents.

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Avant de vous conter la célèbre histoire de la chèvre d’or, voyons les réjouissances qui ont composé la fête médiévale du village. Plus de trente artisans, aux côtés des baladins et gueux, troubadours, soldats et gentes dames ont attiré des milliers de curieux, passionnés d'histoire ou venus le temps d'une balade et ont animé la cité historique.

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Apres avoir pillé un navire, nos flibustiers viennent festoyer dans les ruelles du village en invitant les bourgeois et les touristes à des jongleries, des danses, de la musique et des chants. Bien entendu, un “surgien” médiéval est venu soigner nos valeureux pirates, amputation, anesthésie pour un spectacle haut en couleurs. Il y avait aussi nos amis Bretons Pen Kazh qui nous ont fait danser au son du biniou et qui nous ont relaté les récits de leur terre légendaire.

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L'envoutante Kendra, charmeuse de serpents ensorcela tout le monde avec ses compagnons les pythons et les boas sans oublier la Cie de l'hippogriffe et ses rapaces diurnes pour des démonstrations ludiques et pédagogiques.  Enfin, beaucoup d'animations qui rappelons le, sont entièrement gratuite organisé par la commune, le conseil des jeunes, les commerçants et tutti quanti..... Bon ! On va terminer par une autre légende qui est particulière à Eze.

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Dans le Comté de Nice, la Chèvre d'or est à l'origine de nombreux récits. Chaque version possède ses variantes en relation avec l'histoire ou les personnages du lieu. Plusieurs d'entre elles remontent au temps où la région était occupée par les barbaresques, ces pirates venues d'Afrique du Nord. On raconte ainsi qu'un Maure, suivant la route tracé par une petite chèvre dans les entrailles de la montagne du Mont Bastide, entreprit de cacher son butin composé d'or, de bijoux et de diamants, là où le caprin le mènerait.

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Sur son chemin, il rencontra successivement une sorcière, des fantômes et surtout une bête noire aux dents et aux griffes luisantes et acérés. Un combat à mort s'engagea, combat pendant lequel son or fut réduit en poudre.  Au terme de ce duel, notre pirate parvint à s'échapper de la caverne abandonnant derrière lui ses richesses aux forces obscures. Suivi bientôt de la petite chèvre recouverte de poudre d'or.

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Le Maure partit vers de nouvelles aventures. L'animal vit toujours dans la montagne, les bergers l'aperçoivent régulièrement. Si vous êtes brave, elle vous guidera vers son trésor, mais si votre cœur est impur ou si vous êtes pleutre, malheur à vous. Une autre légende d'Eze, une tradition orale veut que le violoniste yougoslave Zatlo Balokovic en visite dans le village se laissa guider par une chèvre au poil doré vers une bâtisse qu'il restaurera et qui deviendra le célèbre Château de La Chèvre d'Or.

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Selon les dirigeants du Château de La Chèvre d’Or, l'hôtel doit son nom à sa première propriétaire. Fermière de son état, elle élevait des chèvres dont elle vendait le lait au marché de Nice chaque semaine. Et chaque semaine, elle cachait le produit de ses ventes, des pièces en or ( le cours du lait devait être très élevé ! ), derrière les pierres d'un mur. Lors de la rénovation des lieux, on découvrit son trésor endormi là depuis des années et l'on donna à l'établissement un nom rappelant l'origine du trésor afin que chacun s'en souvienne.

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                                   DIAPORAMA DE LA FETE


 
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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 05:52

Mai-2012-0264.JPG Citons  dans un premier temps quelques peoples qui ont séjourné et même acheté des villas aux allures majestueuses. Frédéric Nietzsche dont le chemin menant à la mer porte son nom, le Prince Guillaume de Suède qui acheta le château d’Eza , Bono du groupe U2 , Marie Gabrielle de Savoie la fille de Humbert II de Savoie, dernier roi d'Italie, et de Marie-José princesse de Belgique avec son mari Robert Zellinger de Balkany ont demeuré à Eze.

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Leur présence en terres ézasques est d'autant plus naturelle qu'entre 1388 et 1860, Eze et le comté de Nice, furent attaché à la Savoie."… ils représentent huit siècles d'histoire" affirma-t-elle avant d'ajouter "La famille a gouverné du XIe siècle au XXe siècle, de l'an mil à 1946.", ce qui est exact ! On peut continuer notre liste avec Francis Blanche, le Président  Bill Clinton, Walt Disney, Samuel Barlow le prince du New York Times, Lenny Kratvitz, Tina Turner, Naomi Campbell…etc.

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des plantes exotiques poussent sur le terrain escarpé du village

 

Dans ses lettres d'un voyageur en 1868, visiblement émue, George Sand laisse paraître derrière son admiration un certain effroi devant les forces qui ont modelé un tel paysage.  Si vingt ans plus tard, sous la plume fleurie de Stéphen Liégeard, préfet des Alpes Maritimes, écrivain, poète et inventeur de l'expression Côte d'Azur, Eze a tous les attraits d'une femme avec son corsage noir aux lacets d'or et son diadème.

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Pour Jean Lorrain en revanche, les paysages ézasques avec leur douce palette de couleurs possèdent le charme des poésies de Virgile. Avant d'accéder au village où tout est roc, "au point que l'on ne distingue plus le travail de la nature et de l'homme". C'est encore les teintes des sentiers avec l'herbe verte, le gris argenté des oliviers qui séduisent l'académicien Victorien Sardou. Son témoignage est une véritable invitation à la randonnée. 

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Dans "Ils s'aimaient", le romancier d'origine niçoise Louis Nucéra, à travers l'histoire de Bastien et Florence, glorifie les espaces sauvages de la Grande Corniche synonymes de liberté. Eze a ici des parfums de maquis, de thym, de serpolet… Eze fascine !  Avant de parler de la fête médiévale au village dans mon prochain article, faisons connaissance avec ce village classé monumental...

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  Entre Nice et Monaco, le pittoresque village d'Eze accroché aux falaises est l'un des plus beaux villages de France. En plus de son magnifique point de vue, où le regard porte sur la Côte d'Azur jusqu'à Nice, le site s'étend sur trois "corniches" : la haute corniche, suspendue entre mer et ciel ; la moyenne corniche ou se trouve le village d'Eze lui-même sur la fameuse Nationale 7 qui va jusqu'à Menton, accroché un peu plus bas ; et enfin la basse corniche, baignée par la Méditerranée, passant devant la petite station balnéaire de Eze-Bord-de-mer.

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 Le col d'Eze culmine à 675 m, à moins de 5 km des côtes, offrant un panorama remarquable sur la Riviera, avec le Cap-Ferrat à l'ouest, et jusqu'à l'Italie à l'est. Le parc naturel de la Revère s'y étend sur quatre communes (Eze, la Trinité, Villefranche-sur-Mer et la Turbie), du mont vinaigrier au mont Bataille. Perché sur ses hautes falaises, le visiteur pourra apercevoir les sommets enneigés du Mercantour en hiver, et par beau temps, l'ile de beauté ... la Corse.

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 L'écosystème caractéristique des Alpes-Maritimes y a été remarquablement bien préservé : grands rapaces, aigles, grands ducs, sangliers, lapins, blaireaux, etc. Une végétation luxuriante de bananiers, dattiers, caroubiers, orangers et citronniers témoigne du climat fort agréable régnant ici la plupart de l'année. Au plateau de la Justice, un sentier pédestre sur 1400 m invite les estivants sportifs à partir à la découverte du mont Bastide et à admirer les ruines des établissements des Celto Ligures du Ier s. av. J.C., ainsi qu'un oppidum romain.

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  Les ruelles ensoleillées du village s'enroulent autour du rocher, surplombé par le château, édifié au XIIème siècle par la famille d'Eza. Quelques mètres plus bas, on parcourt un jardin exotique digne du désert mexicain ou Californien. Au gré de leur flânerie, les curieux découvriront les lieux qui font la réputation du village comme la poterne du XIXème siècle, le "château" de la chèvre d'or, la place du Planet, la maison Riquiers, la chapelle des pénitents blancs ou bien encore la porte des Maures.

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  Les plus anciennes traces d'occupation du site remontent à -2000 av J.C, lorsque les hommes du néolithique s'y installèrent. Puis au Xème siècle, les Ezasques subissent l'invasion des pirates barbaresques et des Maures venus de la mer. L'occupation dure 80 ans, avant que le territoire ne soit reconquis. Après 1388, Eze et le comté de Nice s'associe à la maison des Savoie, petit royaume souvent opposé à la France, jusqu'en 1860, où les Ezasques sont annexé à la France.

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 Des personnalités illustres se sont installées dans le village. Parmi elles, on retient Georges Sand, les princes de Monaco. Francis Blanche possédait une maison à Èze et y est enterré. L'un des plus célèbres d'Eze qui a laissé un souvenir dont on peut encore profiter aujourd'hui : il s'agit de Nietzsche. On peut en effet toujours emprunter le sentier dit "de Nietzsche", sur lequel, selon la tradition locale, il imagina quelques pages de "Ainsi parlait  "Zarathoustra". On peut ainsi, tout en méditant sur son œuvre, se laisser conduire par ses pas jusqu'au bord de la mer, en 45 mn (1h30 pour monter), à Eze Bord-de-mer. C'est aussi ici qu'est né la légendaire chévre d'or.

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 La petite station balnéaire, sur la basse-corniche, se cache entre deux montagnes. Le Cap-Ferrat le protège de la houle et son climat doux est favorable à une luxuriante végétation méditerranéenne car l'hiver est presque inexistant. Il est également favorable à l'expansion touristique : au XIXème siècle, le village devient une station courue par les Niçois et les Monégasques, venus y prendre des bains de mer ensoleillés. Son charme méditerranéen se teinte ensuite de charme slave, lorsqu'une petite colonie de russes "blancs", chassés par la Révolution de 1917, s'y installe. Aujourd'hui, la petite ville a gardé ce parfum de la belle époque, et les visiteurs continuent à lézarder sur la plage bordée de pins maritimes.

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C'est sous le signe des charmes et des sortilèges que se déroulera la prochaine fête médiévale au cours de laquelle les elfes, lutins, troubadours et chevaliers arpenteront les ruelles du village qui, pour la circonstance, seront pavoisées de rubans et d'oriflammes. Artisans, potiers, fondeurs, fabricants d'armes, créateurs de bijoux anciens, d'accessoires en cuirs, calligraphes... plus de quarante artisans et exposants partageront leur passion avec le public. Et sur la place de la Colette et Figuiera une taverne servira des spécialités du Moyen Âge comme du vin épicé et des plats aussi surprenants que délicieux. Mais ça, c’est pour le prochain article …

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                                                              DIAPORAMA DU VILLAGE


 
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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 07:40

P1140223.JPG On aura quelque difficulté à imaginer qu'à son apogée, Rocca Sparvièra compta jusqu'à 350 habitants, la communauté étant dotée d'une administration, d'une seigneurie, d'un notaire, d'un curé ... Rocca Sparvièra, situé à une trentaine de kilomètres au nord de Nice dresse ses ruines confondues à la roche grise au-dessus du col Saint Michel. Ce village fantôme, dans un décor sauvage, est marqué de légendes sanglantes où se mêlent crime et anthropophagie stimulés par la vengeance.

route-du-col-st-roch.jpg le col saint Roch une sorte de Turini

 

Au Moyen Âge, ce lieu aurait été maudit par la Reine Jeanne à qui on aurait servi ses enfants assassinés au souper du Réveillon de Noël. Plus tard, pendant les guerres de la Révolution, les Barbets (résistants niçois), réfugiés dans les ruines, feront manger à des soldats français le cœur de l’officier meurtrier de l'un de leur père. Le village, dominé par les restes de son château, s’accroche sur une crête rocheuse surveillant le col, passage obligé d’une voie inter-vallée. Il faut compter une bonne heure de marche pour y accéder.

9.jpgUne cinquantaine de bâtisses ruinées s’entassent dans une enceinte  avec les traces d’un four et d’une citerne. Des caves voûtées sont encore debout. Au nord-est, les vestiges de l’enceinte sont complétés par les restes du logis seigneurial avec fenêtres à meneaux. Une sorte de poterne effondrée s’ouvrait au nord de l’enceinte. Les grandes façades surplombant à l’est le chemin de l’Engarvin sont datables du XVIème siècle. Seule subsiste intacte sur une plate-forme, la chapelle Saint Michel, restaurée en 1924 sur les structures de la paroissiale.

24.jpgRevenons sur les origines de Rocca Sparvièra qui apparaît pour la première fois dans l’Histoire dans deux chartres du XIIème siècle recensant les paroisses dépendantes de l’évêché de Nice. Le 6 mars 1271, un des membres de l’illustre famille niçoise des Riquier prête hommage au souverain, ils seront co-seigneurs de Rocca Sparvièra. En 1271, le village compte 150 habitants son église paroissiale est déjà dédiée à Saint Michel (Sant Michele).

49.jpgLe château est mentionné en 1358 dans le contrat d’inféodation et acquis avec son fief pour 700 florins d’or par Pierre Marquesan di Nizza. En 1364, la Reine Jeanne de Naples élève le fief au rang de baronnie, mais une invasion de sauterelles anéantit les cultures. La misère se poursuit au point qu’en 1376 la petite communauté est déclarée insolvable.

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  Au dédit de Nice de 1388, les nobles locaux s’opposent au nouveau pouvoir savoyard sauf Pierre Marquesan qui se verra gratifié d’une pension spéciale de 200 florins d’or par le Comte rouge (Amédée VII). Il s’oppose ensuite à son protecteur, accusé de haute trahison, ses biens sont confisqués en 1391. Disculpé, il sera réinvesti officiellement des fiefs de Coaraze et Rocca Sparvièra en 1399. La famille Marquesan conservera ensuite la seigneurie jusqu’en 1781. Mais un sort funeste semble s’acharner sur ce malheureux village victime d’une série d’épidémies de peste au XVIe siècle emportant  une partie de la population. De plus, une suite de redoutables tremblements de terre vont détruire une partie des maisons entraînant le début de son abandon.

75.jpg les ruines sont confondues avec la roche grise

 

L’abandon progressif de cette commune qui aurait compté jusqu’à 350 âmes avant ces bouleversements, avec administration communale et même un notaire, va s’échelonner tout au long du XVIIème siècle. Si en 1690 quelques irréductibles s’accrochent encore aux ruines, dix ans plus tard, seuls le curé et sa servante y résideront encore avant de se résigner à partir eux aussi en 1723.

89.jpg la chapelle Saint Michel sur le versant est.

 

L’abandon s’explique d’une part par l’absence d’eau sur ces hauteurs au relief tourmenté où seules des citernes d’eau de pluie devaient permettre une vie précaire, d’autre part les destructions des tremblements de terre qui malmenèrent effroyablement les villages plantés sur le roc. La terrible malédiction de la Reine Jeanne expliquerait pour certains les malheurs successifs de Rocca Sparvièra.

9792.jpgVoici donc la terrible histoire de Rocca Sparvièra, (le rocher aux éperviers en français), et la légende de la reine Jeanne : Accusée d'avoir assassiné son premier époux André de Hongrie, poursuivie par une famille hurlant à la vengeance, la reine Jeanne, accompagnée de ses deux enfants, Catherine et François, de leur nourrice, d'un prêtre et de gardes, trouva refuge dans son château de Rocca Sparvièra.

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L'endroit était bien choisi, car dissimulé à la vue depuis les vallées, situé sur une pente escarpée et facilement défendable car n'ayant qu'un seul accès, le petit sentier ne laissant passer qu'une personne à la fois. Les villageois n'apprécièrent que très modérément  de nourrir tout ce petit monde alors qu'ils peinaient déjà à subvenir à leurs propres besoins. La terre est très rocailleuse et pentue, n'offrant des terrains exploitables pour les cultures qu'à la gauche du village ou subsistent des terrasses étroites.

Mars-2012-0108.JPG fenetre dans la vallée du paillon

 

Mais, les hommes à la solde de la cour de Hongrie retrouvèrent leurs traces et firent en sorte de s'assurer de la collaboration des habitants en les ravitaillant. Le prêtre, grand ami de Bacchus, ne put résister à la tentation. Profitant de son absence, le prêtre fit entrer ses nouveaux amis dans le château, espérant lui aussi célébrer Noël à sa façon.  Ces nouveaux venus, se présentant comme des commerçants, lui permirent d'entretenir de grandes discussions théologiques avec cet ami de toujours. Tant et si bien qu'il ne fut bientôt plus en mesure d'assurer les offices dans la chapelle Saint Pierre (Coaraze).

Mars-2012-0121.JPG cave souterraine de Rocca Sparviera

 

De passage à la Noël, dans son fief de Rocca Sparvièra, la Reine Jeanne tint à assister à la messe de minuit dans l’église du village voisin de Coaraze. Elle laissa ses deux enfants à leur nourrice. En chemin, la Reine Jeanne fut saisie par un pressentiment accentué par les croassements d’un sombre vol de corbeaux qui semblaient répéter : « la Reine va à la messe, lorsqu’elle reviendra elle trouvera table mise ! ».

Mars-2012-0123.JPGA son retour au château, la reine découvrit un horrible spectacle : le chapelain ivre mort, la nourrice gisant dans le bûcher et  sur la table du festin, couché sur un plat, les corps nus des pauvres enfants avec un large couteau planté dans la poitrine. Selon d'autres sources, ils auraient été découpés en morceaux... Folle de douleur, la Reine Jeanne repartit le lendemain vers Naples, après avoir fait incendier le château. Sur le chemin de Coaraze, elle se retourna vers le rocher de Rocca Sparvièra et proféra cette terrible malédiction: «Roche sanglante, roche maligne, un jour viendra où sur tes ruines ne chantera plus ni le coq ni la poule». "Un jou vendra que aqui non cantéra plus ni gal ni galina." Depuis, le maléfice s’est réalisé.

Mars-2012-0177.JPGMalédiction ou coïncidence, toujours est il que le village subit à plusieurs reprises de violents séismes et fut totalement abandonné par la population depuis le XVIème siècle. A noter cependant qu'en vérifiant sur des sources historiques, les deux enfants susmentionnés et qu'elle eut de son second mariage avec son cousin et amant Louis de Tarente sont morts en 1364 pour Catherine, l'ainée, et en 1352 pour sa cadette  Françoise... Et c'est à cet endroit que l'histoire devient légende !!!

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                             DIAPORAMA DE LA BALADE


 
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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 16:27

Mars-2012-0152.JPG Actuellement le site est un important village fantôme. Pour le parcourir, il est préférable d’être équipé de bonnes chaussures de marche. Il est recommandé toutefois de ne pas s’aventurer dans les galeries souterraines du château et du village car les murs et les pierres sont instables et pourraient s’écrouler à tout moment. Passé ce détail la promenade au travers des sentiers qui fait le tour de la cité est magique.

Mars-2012-0163-copie-1.JPG derriere la chapelle, l'un des grands 3000 enneigé du Massif du Mercantour (06)

 

Des fouilles sont entreprises depuis Juillet 2002, mais elles n’avancent pas beaucoup faute de subventions évidentes. Elles aident à éclairer la chronologie de l’occupation du lieu qui présente actuellement de nombreuses zones d’ombre.
Au plus haut du site, à l’endroit ou la rénovation se remarque le mieux, vous bénéficiez d’une vue remarquable qui va de l’azur de la baie des Anges aux neiges étincelantes du Mercantour.

Mars-2012-0165.JPGLes origines du village remontent aux temps troubles des 6 eme et 7 eme siècles. A cette époque, les habitants de Contes, village situé dans la vallée du torrent "Le Paillon" (la rivière qui sépare la ville de Nice en deux parties), et ceux des collines environnantes, voulurent se protéger des envahisseurs barbares et des bandits de tous poils qui les attaquaient, les rançonnaient ou les pillaient.

Mars-2012-0010.JPGLes montagnes alentours pouvaient se prêter à la construction de refuges imprenables. En particulier, là-haut, à prés de 800 mètres d'altitude, un sommet dominait les vallées et permettait d’avoir une vue imprenable sur tous les environs. Le sommet pouvait permettre de scruter les horizons et de surveiller les approches indésirables... Châteauneuf de Contes, devenu aujourd'hui Chateauneuf-Villevieille, naquit ainsi vers ces temps Immémoriaux de notre passé...

Mars-2012-0170.JPGLes vestiges fortifiés actuels remontent au IX eme - XII eme Siècle. Par un chemin malaisé dont les pierres sont usées par les siècles, me voici non loin d'une tour imposante, ancien pigeonnier du château. Les broussailles et les genêts ont investi les abords. Il faut se frayer un passage. Le sommet de cette tour évoquera la couronne seigneuriale du Maître de ces lieux. Une couronne dont les pierres ont près de 800 années ! Cela fait rêver ! Une vraie machine à remonter le temps !

Mars-2012-0001.JPGEn l'an 576, Châteauneuf fut bâti sur l'emplacement d'un Castellaras Ligure par la population Romaine de Villevieille. Cette citadelle était dominée par l'église St Pierre Es Liens et la tour-prison du Duc de Savoie. On y pénétrait grâce à trois portes fortifiées, renforcées de tours gothiques. Châteauneuf fut au Moyen-âge la résidence privilégiée des seigneurs de Nice et fut même le fief de l'ordre des chevaliers de Malte. Le héros résistant niçois Lalin Fulconis s’y refugiait quelques fois pour échapper aux soldats Français.

Mars-2012-0020.JPGLes ruines de la cité se dressent au sommet d'un éperon rocheux bordé de hautes falaises. Le  panorama somptueux s'ouvre sur plus de 80 Km de Côte. L’habitat primitif, qui se trouvait à Villevieille un peu plus en contrebas sur un replat verdoyant, importante station militaire romaine (Villa Vetus), fut déserté après les ravages des Lombards au 6e siècle, puis par les incursions sarrasines venues de la Provence voisine.

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Comme dans toute la région du pays Niçois, les habitants se regroupèrent sur les hauteurs. Les madonnencs construisent leur village au lieu-dit perché “Castrum Novum“ (Châteauneuf). Le village fortifié, saccagé par les barbares de l’armée révolutionnaire française a été abandonné à son tour entre 1793 et 1804 et concentré à nouveau à Villevieille, emplacement actuel du village. L'église, citée en 1109, était un ancien prieuré relevant du chapitre cathédral de Nice.

Mars-2012-0032.JPGDe très nombreuses familles niçoises ont été seigneurs de Châteauneuf. On peut noter les Castellane, les Capello, les Lascaris, les Peyrani, les Vachiéri, les Tonduti, les de Orestis, les Torrini, les Saïssi, les de Cessole, les Grimaldi, etc.

Mars-2012-0080.JPGEn 1748, les villageois abandonnent Castel-Nouvo-da-Nizza (nom originel) pour réoccuper le site primitif de Villevieille (qu’ils nomment Villevieille-Châteauneuf) car il est plus proche des terres cultivables. Ce nouveau village se caractérise par des habitations dispersées.

Mars-2012-0094.JPGEn 1825, le fief est érigé en marquisat au profit de Félix de Constantin de Châteauneuf. Les habitants tiraient leurs ressources de l’élevage et de certaines cultures (haricots, cerises, huile d’olive et olives à saler). Le 25 juin 1911, Bendejun et Cantaron deviennent des communes indépendantes. Quand à Châteauneuf-Villevieille, elle fut baptisé Châteauneuf-de-Contes en 1877, mais reprit son nom d’origine en 1992.

Mars-2012-0097-copie-1.JPG Finalement la rénovation me plait moins que les ruines délabrées !

 

Le sentier monte en pente douce jusqu'aux ruines qu'on atteint en 30 minutes. Les ruines sont remarquablement préservées et on imagine encore facilement l'aspect de l'ancien village en flânant autour des maisons. Les restanques, sur lesquelles on faisait autrefois pousser orge et blé, subsistent. Le village fortifié de Castel Nuovo, aujourd'hui en ruines, fut construit à partir de la fin du VIème siècle, au dessus du village de Villa Vetula quand les Lombards et les Sarrazins représentaient une menace continuelle.

Mars-2012-0105.JPGLe village fut progressivement abandonné quand la région est devenue plus sure, à partir du XVIIème siècle. Ainsi les habitants sont retournés vivre à Villa Vetula, plus proche des points d'eau et avec de meilleures terres cultivables.

C'est à partir de Châteauneuf villevieille et Tourettes-Levens que j'emprunte une route surprenante, construite à même la roche calcaire grise en surplomb sur la vallée de la Vésubie, pour arriver à Duranus l’un des lieux symbole de la résistance Barbets.

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Aujourd'hui, le belvédère (dans le diaporama) du "Saut des Français", qui se trouve à la sortie du village vers la vallée de la Vésubie, commémore l'épisode où, durant la guerre de 1793-1794, les " barbets "(résistants niçois) obligèrent leurs prisonniers français à sauter dans le vide. Les soldats français étaient précipités du haut de cette falaise de 300 mètres dans la Vésubie en contrebas. En vous rendant sur les lieux, vous aurez un panorama exceptionnel sur les gorges de la Vésubie …

Mars-2012-0125.JPGLa prochaine étape de ma visite dans l'un des villages abandonnés des Alpes Maritimes sera celui qui est le plus mythique d’entre tous et dont d’étranges croyances persistent toujours : Le village des damnés , le village de la Reine Jeanne…. J'ai longtemps hésité avant de m'y introduire tout seul. On raconte que la malédiction toucha beaucoup de randonneurs, alors je me suis rempli les poches de gris gris qui m'ont  été donné par l'une des sorcieres de Triora....

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                          DIAPORAMA DE LA BALADE


 
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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:40

Mars-2012-0038.JPG Au début du XXème siècle, Villefranche-sur-Mer décide de faire différemment ! A l'élément naturel qui la caractérise, la mer, elle choisit d'associer les deux symboles de l'activité économique de la belle époque : les pointus et les fleurs. Ainsi, chaque lundi gras, des pointus méditerranéens fleuris de décors originaux composés d'œillets (principale culture florale Villefranchoise) et mimosas défilent dans le port de la santé de Villefranche-sur-Mer devant une foule nombreuse rassemblée sur les quais pour son Combat Naval Fleuri.

Mars-2012-0041.JPGDe nos jours, ces mêmes embarcations longent encore les quais et les équipages en costume d'époque jettent leurs fleurs au public. La maladresse de certains et la distance parfois longue entre les embarcations et les quais, fait que le port de son bleu azur devient multicolore, une mer de fleur en quelque sorte dont les embruns fleurent bon le mimosa. 

Mars-2012-0045.JPGDepuis l'époque de son émergence historique au XIe siècle, la fête carnavalesque a évolué. La plus ancienne mention de divertissements de Carnaval à Nice remonte à 1294. Au cours des siècles, le Carnaval niçois doit se transformer, s'adapter au contexte culturel ambiant ; fondamentalement, le Carnaval est une fête du printemps célébrant une nature tendue vers le renouveau, vers la bonne saison et ses possibilités accrues de vie.

Mars-2012-0082.JPGOn enterre joyeusement l'hiver et ses affres mortelles dans un défoulement populaire qui ne va pas sans un délire un peu excessif : bataille de rue à coup d'œufs pourris, ou remplis de suie, boulettes de plâtre ! A la fin du XIXe siècle, pour les bourgeois et les riches hivernants de Nice, il devient nécessaire de remplacer ces batailles par quelque chose de mieux organisé et de plus " délicat ". Le développement de l'industrie florale sur le territoire de Nice et de sa région donne l'idée aux organisateurs du comité des fêtes de Nice de proposer les fleurs comme sujet de bataille.

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C'est ainsi qu'en 1876, on crée pour le Lundi Gras la première bataille de fleurs sur la Promenade des Anglais. La fête populaire laisse la place au divertissement pour touristes. Les batailles de fleurs vont surgir partout à Cannes, à Menton, à Monaco à Antibes. Villefranche va faire plus fort : à l'image véhiculée par les batailles de fleurs terrestre (le soleil, les fleurs, la fête), elle va ajouter un élément supplémentaire : la mer avec des flots si calmes au cœur de l'hiver qu'ils peuvent servir de terrain de divertissement. L'image de temple du tourisme que la Côte d'Azur est en train de se créer au début du siècle aurait été incomplète sans la contribution décisive du Combat Naval Fleuri de Villefranche-sur-Mer.

Mars-2012-0182.JPGCela fait  maintenant la 109e édition que la municipalité de Villefranche sur mer organise la bataille navale fleurie. Le Combat Naval est le prétexte à un rassemblement qui en fait la manifestation festive et chic de la saison d'hiver sur la cote d'azur. 

Mars-2012-0246.JPGLe Combat Naval Fleuri n'est pas seulement un rendez-vous huppé, le succès de cette manifestation réside aussi dans le fait que dès les premières années, l'affluence populaire est au rendez-vous. Le combat naval fleuri de Villefranche attire chaque année une foule considérable évaluée à plusieurs milliers de personnes. Le lundi gras, jour traditionnellement retenu pour ce spectacle, se place entre les corsos du Carnaval de Nice et celui de Menton et même devant le corso de mimosa à Mandelieu la Napoule.

Mars-2012-0141.JPGDés les premières années, les magasines « people »  sont aux premières loges, sollicités pour relater l’événement le plus insolite de la saison. Egalement présents, les hebdomadaires régionaux  (Nice Matin & le petit Niçois, lou sourgentin et le ficanas), les journaux étrangers (the times) expédient leurs correspondants, sans oublier les agences de photos. L’événement devient l’un des plus connu à travers le monde.

Mars-2012-0163.JPGL’ordonnance du spectacle ne doit rien au hasard. Le combat naval de Villefranche est un « must » à l’organisation parfaitement huilé, qui ne souffre pas l’improvisation. Aujourd’hui, c’est pour le lundi gras que le combat naval fleuri continue la tradition par son comité des fêtes, ainsi que l’association des bateliers-plaisanciers de Villefranche sur mer qui assurent la fabrication des décors des barques et leur fleurissement. Cette fête plus que centenaire est désormais intégrée au programme du carnaval de Nice. Les pointus sont une tradition sur le littoral azuréen, mais c’est la yole de Villefranche qui réuni tout l’enthousiasme du public.

Mars-2012-0130.JPG et oui ! nous sommes au mois de fevrier quand une grosse partie de la France est en train de greloter ...

 

La YOLE de Villefranche sur Mer est un bateau voile aviron de 11,64 mètres construit sur le modèle d'une chaloupe d'état-major du XVIII° siècle. Gréée de trois voiles au tiers ou bordant dix avirons, elle est capable d'embarquer facilement treize personnes : dix équipiers, un barreur et deux brigadiers.

Mars-2012-2357.JPGCette yole, échouée sur une plage de la baie de Bantry lors de la malheureuse expédition d'Irlande en 1796, est le plus ancien bateau français existant. La yole de Bantry « Laïssa Ana » est labellisée " Bateau d'Intérêt Patrimonial " immatriculé au quartier de Nice sous le N° C40 148 par la fondation du patrimoine fluvial et maritime. La yole navigue principalement à Villefranche et sur la Côte d'Azur mais elle se déplace parfois très loin : Bretagne, lac Léman, Venise, etc.

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La yole de Villefranche a participé aux « Régates Internationales de yoles de Bantry », elle était l’invité d’honneur de la semaine du Golfe du Morbihan en 2007 aux côtés de yoles de Ness, yoles Morbihan, yoles de l'Odet, yoles d'Aboville et des yoles d'aviron pur (Gigs du Royaume Uni de Cornouailles et des Scilly).. La yole de Villefranche, venue avec la CaraMed, a navigué dans la flottille des yoles de Bantry. L'une des plus belles expéditions de la yole !

Mars-2012-0192.JPGElle fut réalisée en un temps record, dans un atelier monté de toutes pièces dans l'ancienne forge des galères, sous la direction d'un charpentier de marine employé par l'association la yole de Villefranche. Elle fut baptisée le 1er juillet 2000 et sa marraine est la Princesse Marina de Savoie mère d'Emmanuel Philibert prince de Venise et prince de Piémont actuel chef de la Maison royale d'Italie (maison de Savoie).

Mars-2012-0200.JPGLe combat naval fleuri est une manifestation unique en France : la bataille de fleurs sur l’eau. Une flotte de pointus, bateaux typiques du sud de la France, ornés de fleurs du pays (mimosas et d'œillets) composées en différents motifs défilent dans le port de la Santé de Villefranche-sur-Mer devant une foule nombreuse rassemblée sur les quais chaque lundi gras. Après un passage devant le public, les navigateurs en costume longent les quais et jettent leurs fleurs aux spectateurs. Le port de son bleu azur devient multicolore.  

Mars-2012-0213.JPGDe nombreuses animations ont lieu également sur les quais avec des troupes folkloriques. Toutes ces festivités sont organisées par l'Association des Bateliers Plaisanciers de Villefranche sur Mer et la municipalité. Chaque année, de nombreuses familles villefranchoises viennent avec une vingtaine de bateaux pour perpétuer cette fête centenaire.

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Les pointus (bateaux typiques du sud de la France) sont ainsi transmis de génération en génération en héritage d’une culture unique. Et même s’ils ne sont plus destinés à leur vocation première, la pêche, ils sont devenus un formidable outil de transmission de l’âme méditerranéenne.  Le Combat Naval Fleuri est donc l’occasion parfaite pour montrer aux azuréens et aux touristes ces bateaux qui font partie du patrimoine méditerranéen.

Mars-2012-0253.JPGAu total la préparation des bateaux a nécessité 3000 heures de travail. Le ferronnier des ateliers municipaux façonne selon les croquis des armatures métalliques, qui sont ensuite décorées par les bénévoles des associations comme "la mouette de Nice". Agrémentés de mousse de fleuriste, les motifs sont ensuite recouverts de papier aluminium de couleur, avant d'être ornés de fleurs. Cette année, 35000 œillets de coloris variés, 7000 fleurettes diverses et 500 kg de mimosa ont été envouté au public.

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A cela s'ajoutent une centaines de branches de palmiers et de lentisques pour la décoration des bateaux. Enroulées autour d'un fil de fer, elles servent à créer des guirlandes d'environ six mètres. Cinquante ont été réalisées pour une longueur totale de 300 mètres. Quand aux 7000 minis bouquets parfumés, ils serviront de projectiles. Et ce n'est que lorsque les pointus sont totalement vidés de leurs munitions florales, que le combat naval s'achève...

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                            DIAPORAMA DE LA FETE


 
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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 16:56

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Situé entre le royaume de France et les états Italiens, le Comté de Nice, à la suite du siège de Nice en 1543, amplifie son effort militaire en développant ses fortifications et en construisant le fort du Mont-Alban.

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  Bâti sur la colline du Mont Boron à 222 métres entre Nice et Villefranche sur Mer, le fort occupe une position militaire stratégique en ce qui concerne le contrôle et la défense.
Malgré des chemins d’accès escarpés, le passage de Mont Alban reste la route directe vers l’Italie. Les concepteurs de l’époque avaient compris l’importance de ce lieu qui avait un rôle de verrou, mais aussi de surveillance. La vue panoramique du site qui s’étend du bassin de la Darse dans la rade de Villefranche jusqu'à Bordighera (province d’Imperia) en passant par la baie des fourmis de Beaulieu d’un coté, de la baie des Anges jusqu'à l’Esterel de l’autre est, exceptionnelle de beauté.

Aout2011-6863.JPGLe fort se trouve dans une zone naturelle protégée, l’une des plus élevées du littoral niçois. Cet emplacement lui procure des privilèges en termes d’environnement paysagé et de décors visuels, par son belvédère à 360°.

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Seul le drapeau Niçois a le droit de flotter sur ce fort 

 

  Le fort est classé monument historique en 1909, il est racheté par la ville de Nice en 2007. Occupé jusqu’alors par l’armée française et laissé à tout vent jusqu’en 1994 ou il sera complètement fermé. D’ailleurs l’une des premières anecdotes, que je puisse dire sur le fort, est qu’à l’intérieur de celui-ci, on peut trouver plusieurs graffitis de l’artiste «Ben» qui à l’époque organisera quelques soirées clandestines et sans doute déjantés… La maison du patrimoine a tenu à conserver quelques une de ses fresques depuis que l’artiste à eu une notoriété internationale.

Aout2011-6871.JPGLa seconde anecdote, c’est que parmi mes visiteurs, se trouvaient des personnes originaires de Saint Quentin, habitant actuellement à Nice… et le comble pour eux, c’est qu’en plus, ils sont installés dans la rue Emmanuel Philibert. Pour ceux qui connaissent un tant soit peu l’histoire. Saint Quentin a subi par les troupes d’Emmanuel (duc de Savoie, prince de Piémont, Gouverneurs des Pays-Bas espagnols) et de Charles Quint le meme sort que ce qu’ont subi les Niçois avec Louis XIV. L’histoire est faite de ces tragédies !
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  Depuis 1388 le Comté de Nice fait partie de la Maison de Savoie, lui offrant son unique ouverture portuaire (plus tard elle aura le port de Gênes). Au XVIe siècle, les ducs de Savoie s’allient aux Espagnols pour résister à François 1er (Roi chrétien)  qui a fait alliance avec l'emire ottoman islamique . En juin 1543, la coalition Franco Turques assiège Nice (ville catholique qui accueilli le saint Suaire).  Durant l’assaut le futur roi Emmanuel Philibert se trouve dans le château de Nice avec sa mère Beatrix de Portugal. Le château résistera aux armées franco turques  qui étaient pourtant supérieure en nombre, à dix contre un….. Fort Alamo bien avant l’heure !

Aout2011-6943.JPGC’est l’amiral Andrea Doria qui suggérera à Charles Quint l’idée d’une fortification militaire de la cote niçoise. Dés 1556, soit un siècle avant le système de fortifications mis en place par Vauban, ce projet prend forme.
D’ailleurs, notre guide (et j’en suis totalement ravi) n’oubli pas de mentionner que le fort du mont Alban est le premier fort militaire auquel Vauban s’est inspiré en copiant totalement les plans de celui ci pour ses futures « prouesses ».
Le château de Nice est doté de remparts, le fort de Saint Hospice est érigé, la citadelle de Villefranche et le fort du Mont Alban sortent de terre. Le comté de Nice est prêt à se défendre contre l’agresseur…

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  A la fin du XVII e siècle, les guerres de succession d’Espagne amènent Victor Amédée II à réitérer son alliance aux ennemies du roi de France. Aussi en 1705, Nice est une nouvelle fois assiégée par les troupes française de Louis XIV.
Au XVIIIe siècle, ce sont les guerres de succession de Pologne et d’Autriche qui font l’objet d’alliances entre les souverains. D’abord alliés, puis ennemies. La Maison de Savoie et le royaume de France s’affrontent sur le territoire niçois. La réconciliation Franco Sarde a lieu lors du traité de Turin en 1760, mais la paix est de courte durée, les guerres révolutionnaires se propagent et le fort du Mont Alban est pris le 29 septembre 1792. Il devient un poste frontière avancé des armées françaises en guerre en Italie.

Aout2011-6948.JPGAvec la paix en 1814, la maison de Savoie retrouve ses provinces augmentées de l’ancienne république de Gênes. Nice n’est plus le seul débouché du royaume, aussi en 1853, le gouvernement Sarde retire le statut de port franc à Nice et à Villefranche. C’est la rupture entre les Niçois et la maison de Savoie. En 1860 le Comté de Nice et le duché de Savoie passe à la France en contrepartie de l’aide française pour l’unification de l’Italie.

Aout2011-6955.JPGLors de la seconde guerre mondiale le fort est occupé par l’Esercito Reale Italien, puis par la Wehrmacht allemande. Les bombardements alliés de 1944 en détruisent une partie. Cédé au ministère de la culture depuis 1964 par celui de la guerre, le fort devient propriété de la ville de Nice en 2007. En Avril 2010, alors que le fort fête son 450e anniversaire, débutent les premiers travaux de restauration. C’est donc la première expérience d’ouverture qui est proposé cet été au public.
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  Le siège de Nice de 1543 a été le théâtre de la démonstration des avancées techniques de l’artillerie. La ville a été massivement bombardée par des boulets de fonte tirés par des canons plus légers et maniable. Ces nouveautés dans l’armement ont rendu obsolètes les fortifications existantes. Leurs évolutions sont parallèles à ceux de l’armement. Les ingénieurs italiens alors à la pointe de l’architecture militaire s’orientent dés 1530 vers une architecture moderne avec le fort bastionné plus résistant.

Aout2011-6972.JPGEmmanuel Philibert s’entoure d’une équipe d’ingénieurs pour élaborer son système défensifs de la cote Niçoise. D’abord c’est Gianmaria Olgiati « il supremo ingenioro » qui s’active au projet de fortifications. Puis viendra ensuite les frères paciotto d’Urbino assistés de Domenico Ponsello et André Provana de Leyni qui sont les génies incontesté de l’héritage militaire des architectures bastionnées. Vauban se servira des plans de ces « suprêmes » ingénieurs pour en faire bien plus tard des copies à travers les territoires Français. De nos jours, on appelle cela du « plagiat ».

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  Le fort du Mont Alban est un ouvrage massif de forme polygonale et bastionnée de 742 m2. Il dispose de 4 bastions et 4 courtines se terminant par une tourelle. L’accès se fait par une petite esplanade et un pont levis piétonnier. L’ensemble du fort est constitué d’un mélange de pierres litées, recouvert d’un enduit. Les pierres  utilisées proviennent du relief niçois comme le calcaire de la Turbie. L’épaisseur des murs de chaque coté du fort fait 14 métres d’épaisseur. Le remplissage intérieur de la muraille permet une résistance certaine. Il était donc impossible à un boulet de  traverser celle ci.

Aout2011-6875.JPGL’enceinte extérieure en pierres sèches mesure prés de 1200 mètres de long. Le rempart maçonné efface les angles morts, amortissant ainsi l’impact des boulets. Il est renforcé par un contour Polygonal de l’enceinte. On trouvait ce type de fortifications maritimes au delà du comté de Nice, jusqu'à Gênes et le piémont bien avant de les retrouver en France. Malgré les siècles, le fort de Mont Alban veille toujours sur Villefranche et Nice. Depuis sa terrasse, la vue panoramique est tout a fait spectaculaire … époustouflante !

 

                           DIAPORAMA DE LA BALADE


 
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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 07:38

 

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En effet, à l’opposé des gars qui penchaient pour le parti séparatiste, ceux de la Ratapignata avaient intégré les quartiers neufs, sortant d’un vieux Nice pas toujours salubre et dans lequel, ils ne voulaient plus vivre préfèrent se rallier aux français. Le pugilat fera voler en éclat le comité des fêtes. Un peu plus de 130 ans plus tard, évitez de parler à un niçois de la question de sa nationalité, celle-ci reste un sujet très sensible…

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 Le Carnaval représente un univers peuplé de personnages mythiques et symboliques médiateurs entre le monde des Ténèbres et celui du Ciel.
Ces personnages, êtres ou animaux psychopompes, ont pour mission d'entraîner les "âmes errantes", des Ténèbres, vers l'univers Céleste.

octobre2001-0059.JPGDans les carnavals du temps jadis à Nice, un psychodrame se jouait, où les créatures du diable, de l'enfer, précédaient celles du monde céleste ou bien évoluaient à leurs côtés. Herlechinus, Harlequin, Hellequin, diable dans la mythologie populaire, devenu l'Homme Sauvage, entraînait les âmes errantes, au son d'un charivari, dont les échos retentissent encore de fêtes d’origine rurale et païenne, le Carnaval se développe dans les villages médiévaux de l’arrière pays du comté de Nice et parodie le cortège d'entrée des Princes de la Renaissance.

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Des défilés de chars apparaissent pour connaître une forme nouvelle à la fin du XIXe siècle sous l'impulsion de l'ltalie et surtout de Nice, qui dès 1873 présentait le plus important défilé carnavalesque du monde en présence d'un public d'hivernants prestigieux. Ce public d'esthètes se doutait-il en participant ainsi au Carnaval qu'il assistait à un défilé pour lequel, les carnavaliers puisaient leur source d'inspiration dans les traditions les plus profondes et anciennes de cette Fête ?

octobre2001-0086-copie-1.JPGCelles que l'on retrouvait bien ancrées à la fois dans la culture traditionnelle et européenne, dans les villages du haut pays niçois et que connaissaient bien les plus grands artistes imagiers du Carnaval Alexis Mossa, et son fils Gustave. Dans cette mise en place des corsi carnavalesques à partir de 1873, nous assistons à une représentation de plusieurs thèmes mythiques ou puisés dans l'imagerie populaire et les carnavaliers par chars interposés expriment un inconscient collectif, et reproduisent la mythologie populaire du Carnaval, notamment celui qui a trait au monde de l'inversion et de l’imaginaire  fantastique, et permettent la coexistence d'un univers apollinien et dionysiaque.

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Les premiers défilés de chars sont plutôt de style allégorique : Éloge de la paix en 1874, l'année suivante, triomphe de Catherine Ségurane. Mais en cette même année 1875 une autre conception carnavalesque apparaît sur le corso avec le fameux char des Ratapignata (chauves-souris).

octobre2001-0190.JPGQuarante chauves-souris déploient leurs ailes noires doublées de peaux de lapin ou de chat sur un manoir en ruine imposant par la taille (six mètres) et le réalisme des costumes. Ce char fit grande impression sur le corso mais il n'obtint cependant pas le premier prix. Le Comité des fêtes préféra l'académisme du char de Catherine Ségurane. Ce jugement fut contesté. Deux clans s'affrontèrent vigoureusement dans la ville. Le Comité des fêtes démissionna et le carnaval adopta un style davantage grotesque au détriment de la fête allégorique qui fut réservée aux batailles de fleurs.

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En 1875, l'apparition sur le corso niçois de la place de la Préfecture et du Cours Saleya, du fameux char de la Ratapignata (chauve-souris), et les conséquences que cela entraîna dans l'évolution du Carnaval, fit voler en éclat le ron-ron allégorique et un peu niais vers lequel s'orientait la fête carnavalesque.

octobre2001-0265-copie-1.JPGL'utilisation de la langue niçoise, de l’inversion et du symbole, par les réalisateurs du char de la Ratapignata leur permet d'affirmer l'existence d'une communauté niçoise, positive et plus subtile que ne laissaient supposer les images parfois dévalorisantes que les membres de la colonie hivernante écrivaient à leur sujet, ou bien certains rapports de fonctionnaires français qualifiant de sous-développées les populations du pays niçois.

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La Ratapignata, "souris pourvue d'ailes", est une représentation (inversée) de l'Aigle, symbole héraldique de Nice. Elle fait aussi partie du bestiaire carnavalesque, comme l'Ours, animal-clé dans cet univers symbolique. Comme lui, elle hiverne et se réveille au printemps. Animal psychopompe, elle est un médiateur entre le monde des ténèbres et celui de la lumière. Elle ouvre la voie de la connaissance, de l'initiation et de la sagesse, même si l'on doit s'enfoncer dans les ténèbres pour y parvenir.
Car effectivement, selon les cultures et les traditions, la chauve-souris, "impératrice" du monde des Ténèbres, est plutôt chargée, de valeurs négatives, diaboliques, et apparemment elle semble exorcisée de tout pouvoir maléfique, dans le carnaval mais aussi la culture niçoise.

octobre2001-0337.JPGN'oublions pas que le grand chantre du pays niçois, Menica Rondelly, auteur de l'hymne Nissa la Bella, avait créé par la suite, la Ratapignata, journal entièrement rédigé en niçois, et que la chauve-souris est devenue l'un des plus forts symboles de l'identité culturelle du Niçois.

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L'impact de ce char, sur le corso, était d'une grande force : n'était-ce point là une manière d'endosser, au premier abord, l'aspect inquiétant, ténébreux, laid de la chauve-souris, et de le transformer en symbole de sagesse, perspicacité, intelligence. Elle représentait une manière à la fois subtile et grotesque de la part des autochtones de faire front aux critiques, au sentiment de supériorité des "étrangers" vis-à-vis de la culture niçoise populaire. Elle devenait le totem des Niçois, et l'affirmation d'une identité "sauvage".

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La réalisation du char de la Ratapignata, fut l'objet d'une passion démesurée, et d'un acte que nous juger. En effet, le costume des figurants comportait des ailes de soie noire, un masque de chauve-souris, et un corps en fourrure noire.  Des peaux de lapin avaient été d'abord prévues, mais comme elles étaient en nombre insuffisant, Jean Cuggia raconta au journaliste Joseph Suppo, qu'avec ses amis, ils s'étaient rabattus sur les chats du quartier : c'est ainsi que trois cents chats du quartier disparurent.

octobre2001-0484.JPGEffectivement, le chat n'a pas toujours un sort heureux dans les carnavals, que ce soit dans le passé ou même encore de nos jours. Dans le passé, plusieurs cités réservaient un sort funeste aux chats, pendant la période du carnaval comme le précise Arnold Van Gennep. Selon certaines croyances populaires, les chats mis à mort représentaient le diable. Venise, à la Renaissance, était le lieu d'un jeu cruel appelé « jeu du Chat », pendant le Carnaval. Des hommes, crâne rasé, devaient écraser avec leur tête le corps d'un chat, attaché ("mis en croix") toutes griffes dehors sur une planchette, fixée contre un mur ou un poteau.

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En Espagne, Carlo Baroja précise que l'on berne des chats à la place du Pelele, ce mannequin qui ressemble au Paillassou niçois. Dans ce cas, le chat ne subit pas un sort tragique, mais il est utilisé comme un médiateur entre le Haut et le Bas, le Ciel et les Ténèbres. A Rio ou Bahia, le chat était très recherché pendant le Carnaval. Car pour certains sa peau servirait à la fabrication de l'un des instruments à percussion les plus fameux du Carnaval, la "Cuica"; selon les Brésiliens, jouer de la Cuica signifie "faire parler la peau du chat".

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Dans le cas exceptionnel du char de la Ratapignata, le sacrifice du chat représentait le sacrifice inversé de la chauve-souris consacrée animal totem, par une collectivité niçoise, qui s’identifiait positivement à elle.

 

                                DIAPORAMA DU CARNAVAL


 
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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 11:44

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Trop souvent perçu à tort comme une immense machinerie industrialisée, le Carnaval de Nice est avant tout une création populaire due à l’imagination et au travail d’une corporation de Niçois qui s’activent avec passion pour ce violon d’Ingres qui n’est pas leur profession mais qui leur a été transmis par héritage familial et culturel. Paillassou, Polichinelle et Triboulet sont les trois principaux protagonistes de cette fresque où la valeur symbolique de cet art grotesque échappe parfois à l’œil du spectateur qui ignore la force d’une œuvre comme le char de la Ratapignata (chauve-souris).

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Comme le Carioca, le Niçois manifeste un attachement à son passé, ses traditions, sa culture mais également il est ouvert aux influences culturelles internationales, depuis le XVIIIème siècle, Nice a accueilli de nombreux hivernants, venus du monde entier. Le Carnaval a été au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, le témoignage le plus éclatant de la convivialité entre les Niçois et leurs hôtes de passage.

Mars-2012-0103.JPGCette grande fête a même servi de modèle à Rio, qui a développé son grand carnaval après le passage de l'empereur Pedro II à Nice en 1888. Même effet, pour la grande parade de Pasadena, qui a lieu le 1er janvier, à l'occasion du Tournament of Roses, près de Los Angeles. Elle avait été créée vers 1890 après le passage à Nice d'un membre influent du Comité de Pasadena.

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  Le Carnaval de Nice a également servi de modèle aux carnavals de la Nouvelle Orléans, Québec, Viareggio, au siècle dernier, et tout récemment à celui de Tahiti en 1997 et Bradford en Angleterre, en 1995.

Mars-2012-0161.JPGLe Carnaval de Nice a la chance d'avoir le plus riche et long passé dans l'histoire des carnavals du monde. Du Moyen Age au XIXe siècle, le Carnaval se déroule dans un style différent selon l'époque. Au Moyen Age, une fête de bals et de mascarades; au siècle des Lumières, les bals masqués se déroulent à la mode vénitienne, en milieu fermé. Les festins de Carême, à Cimiez, clôturent le cycle Carnaval-Carême dans une atmosphère qui inspira le poète niçois Rancher.

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Le carnaval change d'aspect lors du séjour, en 1830, du roi Charles-Félix. Pour la première fois, un "corso" fut organisé sur le Cours Saleya, en hommage aux souverains. A bord de voitures et de calèches, fleuries et décorées, les notables niçois défilèrent en "riches costumes" sous le balcon du Palais Royal. Très vite, les batailles de projectiles deviennent le jeu essentiel de la fête. A partir de 1892, les confettis de papier détrônent les confettis de plâtre, réservés au Mardi-Gras jusqu'en 1955 et dont les batailles mémorables sont ancrées dans la mémoire des Niçois.

Mars-2012-0202.JPGEn 1873, un Comité organisateur du Carnaval, composé de riches hivernants et de membres de la bourgeoisie niçoise, institua une distribution de prix lors d'un premier défilé de chars. De nombreuses initiatives sont à mettre à l'actif des Comités des Fêtes successifs : batailles de fleurs sur la Promenade en 1876, trains "du plaisir" sur la ligne PLM en 1877, char de Sa Majesté en 1882, palais-loggia en 1890, Madame Carnaval en 1893, chanson officielle en 1905, illuminations électriques en 1921.

Mars-2012-0222.JPGAujourd'hui, le carnaval niçois devient le terrain privilégié de la créativité des carnavaliers, qui caricaturent dans le meilleur style grotesque aussi bien les scènes de la vie niçoise que les évènements internationaux. Il nous donne ainsi un témoignage inestimable et incomparable sur la vie de nos contemporains à travers la vision humoristique des carnavaliers. Les carnavaliers niçois subissent l'influence de Gustave-Adolphe Mossa qui a su imposer un style, un art spécifique. Le peintre et sculpteur Alex Mignone, élève d'Alexandre Sidro, reste l'un des derniers détenteurs de ce savoir faire, véritable trésor de notre patrimoine d'art populaire.

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De nos jours, Nice dispose de carnavaliers talentueux dans l'art de concevoir de gigantesques automates-robots mécanisés. Mais c'est également à Nice, que les expériences pilotes de carnaval avec la participation des jeunes des banlieues et le savoir faire des lycées professionnels ont commencé dès 1993, sous l'impulsion de l'association Carnaval Sans Frontières, notamment. Elles ont servi d'exemples au Carnaval de la Biennale de Lyon et à la Carnavalcade de Saint Denis, pendant le Mondial 98.

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Le Carnaval est de nos jours célébré à divers moments de l'année selon les pays ou les régions. Fête européenne d'hiver par excellence, comme les grands carnavals de Nice, Venise, Tenerife, Viareggio, Cologne, elle connaît son apothéose au moment du Mardi Gras et étend sa renommée par-delà l'Atlantique à Rio, Trinidad, La Nouvelle Orléans, Québec.

Mars-2012-0308.JPGDéjà, au XIIIe siècle, le Carnaval de Nice connaissait la notoriété et il demeure encore une grande fête populaire de nos jours. À la fin du siècle dernier, il était devenu le Carnaval le plus important d'Europe. Tous les membres les plus illustres du Gotha européen et mondial venaient séjourner l'hiver à Nice et participaient au Carnaval. Le Carnaval de Nice correspond à la fois à l incarnation de l'identité culturelle niçoise, par la richesse et la force de son imagerie populaire et à la rencontre d'autres fêtes et cultures. Chaque année, il donne aux Niçois une opportunité spontanée de revivre une période colorée de leur histoire. L'espace carnavalesque devient le cœur d'une cité qui bat et vibre de tous ses feux.

Mars-2012-0319.JPGLa période consulaire et impériale favorise l'organisation de bals masqués dans les salons de la noblesse et de la bourgeoisie. Les manifestations populaires sont, la plupart du temps, organisées et contrôlées par les confréries religieuses.

Mars-2012-0326.JPGC'est lors d'un séjour hivernal, en 1830, du souverain sarde Charles-Félix, accompagné de son épouse et de sa cour, que la fête carnavalesque change d'aspect. Le carnaval eut lieu sur le cours Saleya (au sud de l'actuel Vieux-Nice), et les notables niçois organisèrent un corso de gala en hommage aux souverains. A bord de voitures et de calèches, ils défilèrent en "riches costumes sous le balcon du palais où se tenait le roi". Les commerçants, eux, fabriquent des chars sommaires, tractés par des chevaux.
Mars-2012-0334.JPGUne bataille de fleurs et de bonbons en vrai sucre candi (les coriandoli), ou de petites dragées (les confettis), s'engagea de voiture à voiture. Il y eut aussi la reprise de bals masqués au palais ducal et de veglioni au théâtre.

Mars-2012-0357.JPGTrès vite, l'usage de projectiles divers s'instaure. Les batailles de projectiles deviennent le jeu essentiel de la fête carnavalesque.  Les populations locales et hivernantes se mêlent, s'affrontent ou s'encanaillent. La piétaille tient le pavé, tandis que l'élite occupe les positions "chic", fenêtres et terrasses du cours Saleya et de la rue Saint-François-de-Paule.

Mars-2012-0431.JPGLa rencontre, les heurts se font à distance, avec des projectiles nobles : bouquets de fleurs, bonbons, cigares, dragées, ou de plus en plus sommaires : haricots, farine, coquilles d'œufs emplies de suie ou de farine, pois chiches, boulettes en pâte cassante, sciure de bois. Mais les confettis de plâtre deviennent les munitions privilégiées. Avec une panoplie de combattant, pour la circonstance : masque de protection grillagé, pelle à confetti – sansoula – et grand sac.

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En 1892, les confettis de papier apparaîtront. Au cours des années 1860-1870, la saison hivernante niçoise est des plus brillantes. Les têtes couronnées figurent sur les listes des résidents étrangers : les familles russes, belges, anglaises, le roi de Bavière, Louis 1er. Les fêtes mondaines se multiplient et les hivernants participent de bon cœur à la grande fête populaire et paillarde du carnaval.

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                                   DIAPORAMA DU CARNAVAL


 
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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 14:37

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La Méditerranée est comme une femme au caractère imprévisible ; calme, avenante et souriante la plupart du temps. Mais elle peut soudainement se transformer en furie. Les marins de l’Atlantique se moquent souvent de ceux de la Méditerranée, jusqu’au jour où, naviguant dans ses eaux placides, ils essuient une tempête comme celle que nous avons eu en Novembre 2011. Deux fois par an, notre mer fait une grosse colère, au moment de l’équinoxe de printemps, et à celui d’automne justement... Et ca, il n'y a que les montagnards pêcheurs qui savent l'apprivoiser ! Les pécheurs de l’atlantique n’ont plus qu’a prier « notre dame de bon port ». En attendant, petite visite au port de Nice pour voir les fameux pointus ...

octobre2001-5799.JPG Lors de la fondation de Nikaïa, au Ve siècle avant J.C., les Grecs ont choisi d’établir leur comptoir dans l’anse des Ponchettes. Ce site réunissait en effet trois éléments essentiels : un abri, une source d’eau douce située au pied de la colline du Château et un moyen de défense à proximité immédiate de la mer.
L’anse des Ponchettes a ainsi été le premier port de Nice, dès l’Antiquité et jusqu'à la moitié du XVIIIe siècle. Au fil des siècles Nikaïa devient Nice et son "port" change de nom. Il devient l’anse Saint-Lambert, peut-être du nom d’une chapelle voisine aujourd’hui disparue. Malgré plusieurs projets successifs d’aménagement durant tout le XVIIe siècle, l’anse Saint-Lambert est restée une marina à peine aménagée.

octobre2001-5813.JPG  Au milieu du XVIIIe siècle, les ducs de Savoie, soucieux de développer le seul débouché maritime de leurs Etats, décident d’abandonner le site des Ponchettes. En 1749, le roi Charles-Emmanuel III décide de faire construire un nouveau port de Nice dans la plaine de Lympia. Au total, la construction de ce nouveau port artificiel en pleine campagne, commencée en 1750, demandera un siècle et demi de travaux !

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 Contrairement ce à quoi on pourrait s'attendre pour une si grande ville, le port de Nice est relativement petit. Nice n'est pas le principal port de plaisance de la Cote d’Azur, ce titre la, revient à Antibes et le premier port de croisiere est celui de villefranche sur mer, premier port du comté de Nice au temps de la maison de Savoie. N'empêche que le lieu est très joli et intéressant à visiter. Les façades des maisons l'entourant et leur reflet dans l'eau associé au bleu du ciel donnent des scènes très colorée et photogénique à la fois ! la premiere empreinte de l'Italie toute proche ....

octobre2001-0237.JPG  La balade autour du port peut se faire sur deux niveaux, l'un en surplomb, l'autre directement au bord de l'eau. On se baladera donc le long du quai Lunel, du quai Papacino et de la place de l'ile de beauté puis des docks. Vous y découvrirez de nombreux bateaux des pêcheurs et des plaisanciers et enfin plus loin les ferries partant pour la Corse.

octobre2001-0249.JPG  Construit au milieu du XVIIIe siècle, le Port de Nice est longtemps resté un petit port : accueillant tartanes, felouques à voiles latines, le port offrait cependant un spectacle animé. Il était initialement dédié à l’exportation de produits locaux  du comté : huile d'olive, citrons, oranges, anchois et thons pêchés dans la Baie des Anges. Mais aussi de produits issus du piémont italien. Côté importation, le port voyait transiter les céréales que les négociants niçois achetaient jusque dans les colonies anglaises de l'Amérique du Nord, le sel, le sucre, le cacao, et le café.

octobre2001-0253.JPG  M'en bati siou Nissart !

 

Le développement de l’exportation avec des produits manufacturés arrivera le siècle suivant. Aujourd’hui, le Port de Nice reste l’un des lieux les plus authentiques de la ville. Port de commerce, il est un lieu d'ancrage pour les pointus et les yachts. Il demeure aussi bien sûr le point de liaison avec la Corse, Nice étant le point de la France continentale le plus proche de la Corse. Le port de Nice est le premier port cimentier de France en liaison avec les usines de traitement des galets de la vallée du Paillon.

octobre2001-0210.JPG Le port de plaisance de Nice est aussi bien occupé par les "pointus", les barques en bois des pêcheurs du début du siècle et typique du bassin mediterraneen. On en trouve presque une centaine alignés sur 2 lignes dans le port de Nice. Ces pointus, barques de tradition Niçoises ne sont plus construits depuis plus de 30 ans et sont donc désormais comptés et fichés, chacun a sa carte d'identité.

octobre2001-0214.JPG  Depuis longtemps, des amateurs de belle marine pensent que ces barques de travail font partie de notre patrimoine historique nautique, autant que les grands yachts. Des associations comme « la Mouette » fondée en 1928 œuvrent pour restaurer les « pointus » et pour convaincre leurs propriétaires de ne pas les abandonner, malgré le cout de l’entretien, pour des « baignoires en plastique ». Car à Nice on aime les traditions et notre passé historique est sacré...

octobre2001-0258.JPG Tous les Niçois, des milliers de touristes et tous les voyageurs partant pour la Corse ont sous les yeux un parterre de pointus aux coques splendides, toutes différentes, avec des couleurs chatoyantes, des formes rondes et leurs virils « capians ». Les pointus participent à l’animation du port : tous les jours mais aussi à la Fête de la St Pierre fin juin, la Fête de la Vierge le 15 aout, la Fête du port début septembre…. Les Pointus de Nice sont bien notre Patrimoine Maritime à tous, précieux à conserver au cœur de notre port.

octobre2001-0192.JPGMais, c'est quoi ces pointus ? Le pointu est une famille de barques de pêche traditionnelles de Méditerranée. La poupe (arrière) est pointue alors que la proue (avant) est prolongée par un éperon ou « mourre de pouar » (le museau du cochon en Nissart). La famille au sens large comprend notamment : la gourse de Nice dérivée du gozzo italien (barque Tyrrhénienne), la sétoise, la bette, la tartane, la barque catalane, les barques d'Afrique du Nord, de Malte, de Grèce, les felouques génoises.

octobre2001-0194.JPGPour trouver à Nice la vente directe des marins pêcheurs Niçois, il faut aller à la place Saint François dans le vieux Nice ou bien à Malaussena place de la libération ou encore sur le port du Carras voir Tony et sa femme Christiane  qui étale la pêche de son mari parti à 2h du mat pour en revenir à 11h. Ici vous trouverez sars, pageots, bars (loups), petits rougets-barbets, maquereaux qui frétillent encore sur ses étalages. Mais aussi les anchois,  la poutine (alevins de sardines), poissons de roche, dorades grises, ou des poissons moins connus comme la sériole, la liche, la mostelle....

octobre2001-0198.JPGC'est à Saint François que l'on pourra trouver du vrai pissalat et toujours à carras pour la poutine car il reste encore une dizaine de pêcheurs de la prud'homie de Nice qui continuent à pêcher cette légendaire sardine. A la tombée du jour, ou de nuit, ils attendent que la poutine monte à la lumière. Ils la ramènent dans les filets, à la force des bras, à bord des bateaux, chacun revient avec une centaine de kilos. La poutine (ou nonat) est le nom vernaculaire utilisé dans la région niçoise, pour désigner un alevin de poisson.

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 En 1810, le Nissart Antoine Risso identifiait un alevin de poisson, pêché dans les eaux niçoises, comme étant celui de l’Atherina et lui donnait le nom de nonat. La poutine ou le nonat n’est pas non plus le seul format de sardines ou d’anchois pêché, consommé et vendu sur le littoral Niçois. En 1947, le premier lexique bilingue français-niçois traduisait les différentes étapes de croissance de la sardine depuis sa naissance ; Poutina, rafaneta, pataieta, palaia et sardina.

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La pêche à la poutine se pratique avec une senne à mailles serrées. C'est une pêche traditionnelle qui se pratique depuis des siècles sur le littoral niçois et la Riviera italienne. La poutine se consomme en soupe (à peine blanchie), au lait, en beignet, en omelette. Cependant, le moyen le plus simple pour découvrir toute sa fragrance et saveur est de l’apprécier crue avec un filet d’huile d’olive AOC Nice et quelques gouttes de citron de Menton. La différence avec les poissons de méditerranée, c’est qu’eux, ils ont du gout …

                                  DIAPORAMA DE LA VISITE

 Sans titre

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 22:08

octobre2001-0124.JPG L'attrait des Russes pour la Côte d'Azur, et pour la Baie des Anges en particulier, ne date en effet pas d'aujourd'hui. La ville de Nice est connue pour être la capitale de la Côte-d’Azur dont le climat et la beauté du paysage ont été rendus célèbres par les Britanniques à la fin du XIXe siècle. Ce qui est moins connu en revanche, c’est que les Russes peuvent revendiquer tout autant la paternité de cette découverte puisque les membres de la famille impériale avaient pris l’habitude d’y passer l’hiver, et ceci dès la seconde moitié du XIXe siècle.

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C'est ici qu'arrive le Nice-Moscou toutes les semaines

 

 Les fastes de leurs réceptions ont marqué l’imaginaire des Niçois. Reste qu'un siècle et demi de présence russe sur la Côte d’Azur a donné un héritage architectural hors du commun et sans égal hors de Russie. Nombreux sont les vestiges qui nous rappellent la présence d'une colonie dans cette ville, et qui nous font remonter jusqu'au dix-huitième siècle, époque à laquelle la cité était encore sous la protection de la Maison de Savoie.

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Eglises, villas, musées sont autant de lieux de mémoire pour cette communauté, et sont très souvent inconnus de la population niçoise elle-même. Pourtant, ces témoignages d'une splendeur passée sont bien la raison de l'arrivée chaque année d'un grand nombre de touristes venus du grand froid : Nice est devenue un lieu de pèlerinage.

octobre2001-0180.JPG Tout commença en 1770, lorsqu'une flotte russe commandée par Alexis Orloff fit escale à Villefranche, alors qu'elle était en route pour la Turquie. Nice présentait au point de vue maritime un attrait stratégique pour la Russie, lui permettant de développer ses rapports avec cette partie du littoral méditerranéen. Dans les années 1850, une amitié russo-niçoise naquit, grâce au peintre Joseph Fricero, originaire de Nice.

octobre2001-0187.JPG Celui-ci, de voyage à Saint-Pétersbourg avec le prince Gagarine, s'éprit de Youza, qui n'était autre que la fille naturelle du tsar Nicolas Ier. Les noces eurent lieu en 1848 et les époux partirent vivre sur la Riviera. Mais la colonie russe ne se constitua réellement que sous l'impulsion de l'impératrice douairière Alexandra Feodorovna avec le séjour en 1856. Or sa venue à Nice pour raisons de santé dissimulait en réalité un projet politique du tsar Alexandre II.

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En effet, à l’issue de la guerre de Crimée que la Russie avait perdue, le tsar avait des vues sur Villefranche, port doté d’une rade pouvant accueillir une escadre, qu’il avait projeté de louer au roi de Sardaigne, maître alors du comté de Nice, afin d’y établir une base navale, militaire et commerciale.

octobre2001-0252.JPG  L’arrivée d’Alexandra Feodorovna se fit par la mer, une escadre russe l’escortant jusqu’à Villefranche. Lors de son second hiver à Nice, la tsarine désira un lieu de culte orthodoxe et fit édifier, rue Longchamp, la première église russe de la Riviera qui fut inaugurée en 1859. Les lieux de culte commencèrent à fleurir. La colonie russe prenant de l’ampleur dans les villes de la côte, la grande duchesse Anastasia fit construire à Menton, rue Morillot, l’église orthodoxe Notre-Dame de la Miséricorde en 1892, tandis qu’à Cannes en 1894 s’élevait Saint-Michel archange sur le boulevard des Pins.

octobre2001-0299.JPG  Alexandre II acheta la propriété Bermond, vaste domaine couvert de plantations d’orangers, fit raser la grande habitation d’une quarantaine de pièces et élever en 1867 une chapelle commémorative, à l’emplacement exact de la chambre où le jeune prince s’était éteint. (Aujourd'hui,cette chapelle se trouve juste derriere la grande cathedrale Orthodoxe de Nice)

octobre2001 0164-copie-1 Enfin inaugurée en 1914 la grande cathédrale vu le jour, parmi les édifices religieux de confession orthodoxe de Nice, la cathédrale russe est celui qui manifeste le plus brillamment l’importance et la richesse de la colonie russe sur la Riviera. Cette cathédrale est considérée comme la plus belle église orthodoxe hors de Russie ! Elle serait le plus grand édifice orthodoxe russe. Son bulbe central entouré de quatre bulbes plus petits, en font la réplique de Saint-Basile au Kremlin.

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Non loin de là, l’Hôtel du Parc Impérial fut construit en 1900 pour les hivernants russes sur une autre partie du domaine Bermond. Ses tennis furent le théâtre des exploits de la championne Suzanne Lenglen et il a été transformé en lycée en 1924. Après 1917, nombreux furent les Russes blancs qui fuyant le bolchevisme vinrent s’installer à Nice. Pour beaucoup d’entre eux, elle était la seule ville qu’ils connaissaient hors Russie.

octobre2001-0289.JPG  Quant au projet de base navale russe à Villefranche (Vilafranca est le village voisin de Nissa), il fut réalisé en 1859. Lors de l'annéxion du comté de Nice à la France en 1860, Napoléon III donna son accord au tsar et la base fonctionna jusqu’en 1870.

octobre2001-0261.JPG Quand à Alexandra Feodorovna elle œuvra en faveur du développement de la ville ; elle promut notamment la construction d'une large route reliant Nice à Villefranche, baptisée lors de son inauguration " Boulevard de l'impératrice de Russie ". Avec sa belle-sœur, la grande duchesse Hélène, elles mirent à la mode des bains de mer. Cette nouvelle vogue attira nombre de nobles russes. La vie culturelle de la ville s'en trouva transformée.

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Les Niçois appréciaient les fêtes organisées par ces étrangers si peu soucieux des sommes qu'elles pouvaient coûter. Elles duraient toute la nuit, tout y était du plus grand goût, le champagne y coulait à flots…Ainsi, Nice s'affirmait de plus en plus comme centre touristique mondain. Cette tendance fut favorisée par l'exécution de grands travaux. L'installation du chemin de fer et la construction d'une gare eurent pour corollaire l'affluence d'une riche clientèle étrangère. Un orient express Moscou-Nice fut crée (il existe encore aujourd’hui).

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 De plus en plus de grands aristocrates séjournaient sur la Côte d'Azur : certains n'y furent que de passage, d'autres y firent des acquisitions immobilières. Léon Tolstoï et Anton Tchekhov y passèrent beaucoup de temps ; c'est à Nice que Tchekhov fut pris de la passion du jeu. Nice, ville des fastes, ne cessait d'évoluer et de prospérer. A la veille de la première Guerre mondiale, la colonie russe était bien établie et faisait partie intégrante de la société niçoise. La population appréciait ses excentricités et sa manne généreuse.

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 Avec le premier conflit mondial et la révolution bolchevique, l'émigration russe vers la France et vers Nice changea de visage. Elle ne procédait plus des mêmes raisons : la Riviera, autrefois lieu de villégiature, devint le refuge après l'exil d'une multitude de partisans de l'opposition. Certains émigrés contribuèrent à faire de Nice un haut lieu de l'art et de la culture, tel l'architecte Ancré Svetchine, qui construisit les villas de Marc Chagall, des Maeght, de Christian Dior et du brasseur Heineken.

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Aujourd’hui, une autre génération de Russes arrive sur la Côte d’Azur : ce sont les « nouveaux Russes » qui font parler d’eux en dépensant des fortunes dans les palaces et les casinos de la Promenade des Anglais. Mais les Russes installés depuis cinq générations n’entretiennent aucune relation avec eux. Ils les considèrent d’ailleurs même avec un certain mépris.

octobre2001-0328.JPGMalgré la crise, les " nouveaux Russes " sont présents comme jamais à Nice. La plupart sont très aisés et sont à l'image de leurs ancêtres du dix-neuvième siècle. Avides de consommer et de posséder, ils n'ont aucun sens de la modération. De séjour dans les plus grands palaces, ils laissent parfois des notes de plus de cinq mille euros à chaque repas. Les hommes d'affaire investissent souvent dans l'immobilier. Il reste que leur réputation est déplorable. La relation est vite faite avec la mafia, à juste titre d'ailleurs, ce qui est perçu d'un mauvais œil par les Niçois.
                           DIAPORAMA DE LA BALADE


 
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Published by freerider06 - dans comté de Nice

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