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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 07:38

 

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En effet, à l’opposé des gars qui penchaient pour le parti séparatiste, ceux de la Ratapignata avaient intégré les quartiers neufs, sortant d’un vieux Nice pas toujours salubre et dans lequel, ils ne voulaient plus vivre préfèrent se rallier aux français. Le pugilat fera voler en éclat le comité des fêtes. Un peu plus de 130 ans plus tard, évitez de parler à un niçois de la question de sa nationalité, celle-ci reste un sujet très sensible…

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 Le Carnaval représente un univers peuplé de personnages mythiques et symboliques médiateurs entre le monde des Ténèbres et celui du Ciel.
Ces personnages, êtres ou animaux psychopompes, ont pour mission d'entraîner les "âmes errantes", des Ténèbres, vers l'univers Céleste.

octobre2001-0059.JPGDans les carnavals du temps jadis à Nice, un psychodrame se jouait, où les créatures du diable, de l'enfer, précédaient celles du monde céleste ou bien évoluaient à leurs côtés. Herlechinus, Harlequin, Hellequin, diable dans la mythologie populaire, devenu l'Homme Sauvage, entraînait les âmes errantes, au son d'un charivari, dont les échos retentissent encore de fêtes d’origine rurale et païenne, le Carnaval se développe dans les villages médiévaux de l’arrière pays du comté de Nice et parodie le cortège d'entrée des Princes de la Renaissance.

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Des défilés de chars apparaissent pour connaître une forme nouvelle à la fin du XIXe siècle sous l'impulsion de l'ltalie et surtout de Nice, qui dès 1873 présentait le plus important défilé carnavalesque du monde en présence d'un public d'hivernants prestigieux. Ce public d'esthètes se doutait-il en participant ainsi au Carnaval qu'il assistait à un défilé pour lequel, les carnavaliers puisaient leur source d'inspiration dans les traditions les plus profondes et anciennes de cette Fête ?

octobre2001-0086-copie-1.JPGCelles que l'on retrouvait bien ancrées à la fois dans la culture traditionnelle et européenne, dans les villages du haut pays niçois et que connaissaient bien les plus grands artistes imagiers du Carnaval Alexis Mossa, et son fils Gustave. Dans cette mise en place des corsi carnavalesques à partir de 1873, nous assistons à une représentation de plusieurs thèmes mythiques ou puisés dans l'imagerie populaire et les carnavaliers par chars interposés expriment un inconscient collectif, et reproduisent la mythologie populaire du Carnaval, notamment celui qui a trait au monde de l'inversion et de l’imaginaire  fantastique, et permettent la coexistence d'un univers apollinien et dionysiaque.

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Les premiers défilés de chars sont plutôt de style allégorique : Éloge de la paix en 1874, l'année suivante, triomphe de Catherine Ségurane. Mais en cette même année 1875 une autre conception carnavalesque apparaît sur le corso avec le fameux char des Ratapignata (chauves-souris).

octobre2001-0190.JPGQuarante chauves-souris déploient leurs ailes noires doublées de peaux de lapin ou de chat sur un manoir en ruine imposant par la taille (six mètres) et le réalisme des costumes. Ce char fit grande impression sur le corso mais il n'obtint cependant pas le premier prix. Le Comité des fêtes préféra l'académisme du char de Catherine Ségurane. Ce jugement fut contesté. Deux clans s'affrontèrent vigoureusement dans la ville. Le Comité des fêtes démissionna et le carnaval adopta un style davantage grotesque au détriment de la fête allégorique qui fut réservée aux batailles de fleurs.

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En 1875, l'apparition sur le corso niçois de la place de la Préfecture et du Cours Saleya, du fameux char de la Ratapignata (chauve-souris), et les conséquences que cela entraîna dans l'évolution du Carnaval, fit voler en éclat le ron-ron allégorique et un peu niais vers lequel s'orientait la fête carnavalesque.

octobre2001-0265-copie-1.JPGL'utilisation de la langue niçoise, de l’inversion et du symbole, par les réalisateurs du char de la Ratapignata leur permet d'affirmer l'existence d'une communauté niçoise, positive et plus subtile que ne laissaient supposer les images parfois dévalorisantes que les membres de la colonie hivernante écrivaient à leur sujet, ou bien certains rapports de fonctionnaires français qualifiant de sous-développées les populations du pays niçois.

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La Ratapignata, "souris pourvue d'ailes", est une représentation (inversée) de l'Aigle, symbole héraldique de Nice. Elle fait aussi partie du bestiaire carnavalesque, comme l'Ours, animal-clé dans cet univers symbolique. Comme lui, elle hiverne et se réveille au printemps. Animal psychopompe, elle est un médiateur entre le monde des ténèbres et celui de la lumière. Elle ouvre la voie de la connaissance, de l'initiation et de la sagesse, même si l'on doit s'enfoncer dans les ténèbres pour y parvenir.
Car effectivement, selon les cultures et les traditions, la chauve-souris, "impératrice" du monde des Ténèbres, est plutôt chargée, de valeurs négatives, diaboliques, et apparemment elle semble exorcisée de tout pouvoir maléfique, dans le carnaval mais aussi la culture niçoise.

octobre2001-0337.JPGN'oublions pas que le grand chantre du pays niçois, Menica Rondelly, auteur de l'hymne Nissa la Bella, avait créé par la suite, la Ratapignata, journal entièrement rédigé en niçois, et que la chauve-souris est devenue l'un des plus forts symboles de l'identité culturelle du Niçois.

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L'impact de ce char, sur le corso, était d'une grande force : n'était-ce point là une manière d'endosser, au premier abord, l'aspect inquiétant, ténébreux, laid de la chauve-souris, et de le transformer en symbole de sagesse, perspicacité, intelligence. Elle représentait une manière à la fois subtile et grotesque de la part des autochtones de faire front aux critiques, au sentiment de supériorité des "étrangers" vis-à-vis de la culture niçoise populaire. Elle devenait le totem des Niçois, et l'affirmation d'une identité "sauvage".

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La réalisation du char de la Ratapignata, fut l'objet d'une passion démesurée, et d'un acte que nous juger. En effet, le costume des figurants comportait des ailes de soie noire, un masque de chauve-souris, et un corps en fourrure noire.  Des peaux de lapin avaient été d'abord prévues, mais comme elles étaient en nombre insuffisant, Jean Cuggia raconta au journaliste Joseph Suppo, qu'avec ses amis, ils s'étaient rabattus sur les chats du quartier : c'est ainsi que trois cents chats du quartier disparurent.

octobre2001-0484.JPGEffectivement, le chat n'a pas toujours un sort heureux dans les carnavals, que ce soit dans le passé ou même encore de nos jours. Dans le passé, plusieurs cités réservaient un sort funeste aux chats, pendant la période du carnaval comme le précise Arnold Van Gennep. Selon certaines croyances populaires, les chats mis à mort représentaient le diable. Venise, à la Renaissance, était le lieu d'un jeu cruel appelé « jeu du Chat », pendant le Carnaval. Des hommes, crâne rasé, devaient écraser avec leur tête le corps d'un chat, attaché ("mis en croix") toutes griffes dehors sur une planchette, fixée contre un mur ou un poteau.

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En Espagne, Carlo Baroja précise que l'on berne des chats à la place du Pelele, ce mannequin qui ressemble au Paillassou niçois. Dans ce cas, le chat ne subit pas un sort tragique, mais il est utilisé comme un médiateur entre le Haut et le Bas, le Ciel et les Ténèbres. A Rio ou Bahia, le chat était très recherché pendant le Carnaval. Car pour certains sa peau servirait à la fabrication de l'un des instruments à percussion les plus fameux du Carnaval, la "Cuica"; selon les Brésiliens, jouer de la Cuica signifie "faire parler la peau du chat".

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Dans le cas exceptionnel du char de la Ratapignata, le sacrifice du chat représentait le sacrifice inversé de la chauve-souris consacrée animal totem, par une collectivité niçoise, qui s’identifiait positivement à elle.

 

                                DIAPORAMA DU CARNAVAL


 
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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 11:44

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Trop souvent perçu à tort comme une immense machinerie industrialisée, le Carnaval de Nice est avant tout une création populaire due à l’imagination et au travail d’une corporation de Niçois qui s’activent avec passion pour ce violon d’Ingres qui n’est pas leur profession mais qui leur a été transmis par héritage familial et culturel. Paillassou, Polichinelle et Triboulet sont les trois principaux protagonistes de cette fresque où la valeur symbolique de cet art grotesque échappe parfois à l’œil du spectateur qui ignore la force d’une œuvre comme le char de la Ratapignata (chauve-souris).

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Comme le Carioca, le Niçois manifeste un attachement à son passé, ses traditions, sa culture mais également il est ouvert aux influences culturelles internationales, depuis le XVIIIème siècle, Nice a accueilli de nombreux hivernants, venus du monde entier. Le Carnaval a été au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, le témoignage le plus éclatant de la convivialité entre les Niçois et leurs hôtes de passage.

Mars-2012-0103.JPGCette grande fête a même servi de modèle à Rio, qui a développé son grand carnaval après le passage de l'empereur Pedro II à Nice en 1888. Même effet, pour la grande parade de Pasadena, qui a lieu le 1er janvier, à l'occasion du Tournament of Roses, près de Los Angeles. Elle avait été créée vers 1890 après le passage à Nice d'un membre influent du Comité de Pasadena.

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  Le Carnaval de Nice a également servi de modèle aux carnavals de la Nouvelle Orléans, Québec, Viareggio, au siècle dernier, et tout récemment à celui de Tahiti en 1997 et Bradford en Angleterre, en 1995.

Mars-2012-0161.JPGLe Carnaval de Nice a la chance d'avoir le plus riche et long passé dans l'histoire des carnavals du monde. Du Moyen Age au XIXe siècle, le Carnaval se déroule dans un style différent selon l'époque. Au Moyen Age, une fête de bals et de mascarades; au siècle des Lumières, les bals masqués se déroulent à la mode vénitienne, en milieu fermé. Les festins de Carême, à Cimiez, clôturent le cycle Carnaval-Carême dans une atmosphère qui inspira le poète niçois Rancher.

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Le carnaval change d'aspect lors du séjour, en 1830, du roi Charles-Félix. Pour la première fois, un "corso" fut organisé sur le Cours Saleya, en hommage aux souverains. A bord de voitures et de calèches, fleuries et décorées, les notables niçois défilèrent en "riches costumes" sous le balcon du Palais Royal. Très vite, les batailles de projectiles deviennent le jeu essentiel de la fête. A partir de 1892, les confettis de papier détrônent les confettis de plâtre, réservés au Mardi-Gras jusqu'en 1955 et dont les batailles mémorables sont ancrées dans la mémoire des Niçois.

Mars-2012-0202.JPGEn 1873, un Comité organisateur du Carnaval, composé de riches hivernants et de membres de la bourgeoisie niçoise, institua une distribution de prix lors d'un premier défilé de chars. De nombreuses initiatives sont à mettre à l'actif des Comités des Fêtes successifs : batailles de fleurs sur la Promenade en 1876, trains "du plaisir" sur la ligne PLM en 1877, char de Sa Majesté en 1882, palais-loggia en 1890, Madame Carnaval en 1893, chanson officielle en 1905, illuminations électriques en 1921.

Mars-2012-0222.JPGAujourd'hui, le carnaval niçois devient le terrain privilégié de la créativité des carnavaliers, qui caricaturent dans le meilleur style grotesque aussi bien les scènes de la vie niçoise que les évènements internationaux. Il nous donne ainsi un témoignage inestimable et incomparable sur la vie de nos contemporains à travers la vision humoristique des carnavaliers. Les carnavaliers niçois subissent l'influence de Gustave-Adolphe Mossa qui a su imposer un style, un art spécifique. Le peintre et sculpteur Alex Mignone, élève d'Alexandre Sidro, reste l'un des derniers détenteurs de ce savoir faire, véritable trésor de notre patrimoine d'art populaire.

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De nos jours, Nice dispose de carnavaliers talentueux dans l'art de concevoir de gigantesques automates-robots mécanisés. Mais c'est également à Nice, que les expériences pilotes de carnaval avec la participation des jeunes des banlieues et le savoir faire des lycées professionnels ont commencé dès 1993, sous l'impulsion de l'association Carnaval Sans Frontières, notamment. Elles ont servi d'exemples au Carnaval de la Biennale de Lyon et à la Carnavalcade de Saint Denis, pendant le Mondial 98.

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Le Carnaval est de nos jours célébré à divers moments de l'année selon les pays ou les régions. Fête européenne d'hiver par excellence, comme les grands carnavals de Nice, Venise, Tenerife, Viareggio, Cologne, elle connaît son apothéose au moment du Mardi Gras et étend sa renommée par-delà l'Atlantique à Rio, Trinidad, La Nouvelle Orléans, Québec.

Mars-2012-0308.JPGDéjà, au XIIIe siècle, le Carnaval de Nice connaissait la notoriété et il demeure encore une grande fête populaire de nos jours. À la fin du siècle dernier, il était devenu le Carnaval le plus important d'Europe. Tous les membres les plus illustres du Gotha européen et mondial venaient séjourner l'hiver à Nice et participaient au Carnaval. Le Carnaval de Nice correspond à la fois à l incarnation de l'identité culturelle niçoise, par la richesse et la force de son imagerie populaire et à la rencontre d'autres fêtes et cultures. Chaque année, il donne aux Niçois une opportunité spontanée de revivre une période colorée de leur histoire. L'espace carnavalesque devient le cœur d'une cité qui bat et vibre de tous ses feux.

Mars-2012-0319.JPGLa période consulaire et impériale favorise l'organisation de bals masqués dans les salons de la noblesse et de la bourgeoisie. Les manifestations populaires sont, la plupart du temps, organisées et contrôlées par les confréries religieuses.

Mars-2012-0326.JPGC'est lors d'un séjour hivernal, en 1830, du souverain sarde Charles-Félix, accompagné de son épouse et de sa cour, que la fête carnavalesque change d'aspect. Le carnaval eut lieu sur le cours Saleya (au sud de l'actuel Vieux-Nice), et les notables niçois organisèrent un corso de gala en hommage aux souverains. A bord de voitures et de calèches, ils défilèrent en "riches costumes sous le balcon du palais où se tenait le roi". Les commerçants, eux, fabriquent des chars sommaires, tractés par des chevaux.
Mars-2012-0334.JPGUne bataille de fleurs et de bonbons en vrai sucre candi (les coriandoli), ou de petites dragées (les confettis), s'engagea de voiture à voiture. Il y eut aussi la reprise de bals masqués au palais ducal et de veglioni au théâtre.

Mars-2012-0357.JPGTrès vite, l'usage de projectiles divers s'instaure. Les batailles de projectiles deviennent le jeu essentiel de la fête carnavalesque.  Les populations locales et hivernantes se mêlent, s'affrontent ou s'encanaillent. La piétaille tient le pavé, tandis que l'élite occupe les positions "chic", fenêtres et terrasses du cours Saleya et de la rue Saint-François-de-Paule.

Mars-2012-0431.JPGLa rencontre, les heurts se font à distance, avec des projectiles nobles : bouquets de fleurs, bonbons, cigares, dragées, ou de plus en plus sommaires : haricots, farine, coquilles d'œufs emplies de suie ou de farine, pois chiches, boulettes en pâte cassante, sciure de bois. Mais les confettis de plâtre deviennent les munitions privilégiées. Avec une panoplie de combattant, pour la circonstance : masque de protection grillagé, pelle à confetti – sansoula – et grand sac.

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En 1892, les confettis de papier apparaîtront. Au cours des années 1860-1870, la saison hivernante niçoise est des plus brillantes. Les têtes couronnées figurent sur les listes des résidents étrangers : les familles russes, belges, anglaises, le roi de Bavière, Louis 1er. Les fêtes mondaines se multiplient et les hivernants participent de bon cœur à la grande fête populaire et paillarde du carnaval.

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                                   DIAPORAMA DU CARNAVAL


 
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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 14:37

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La Méditerranée est comme une femme au caractère imprévisible ; calme, avenante et souriante la plupart du temps. Mais elle peut soudainement se transformer en furie. Les marins de l’Atlantique se moquent souvent de ceux de la Méditerranée, jusqu’au jour où, naviguant dans ses eaux placides, ils essuient une tempête comme celle que nous avons eu en Novembre 2011. Deux fois par an, notre mer fait une grosse colère, au moment de l’équinoxe de printemps, et à celui d’automne justement... Et ca, il n'y a que les montagnards pêcheurs qui savent l'apprivoiser ! Les pécheurs de l’atlantique n’ont plus qu’a prier « notre dame de bon port ». En attendant, petite visite au port de Nice pour voir les fameux pointus ...

octobre2001-5799.JPG Lors de la fondation de Nikaïa, au Ve siècle avant J.C., les Grecs ont choisi d’établir leur comptoir dans l’anse des Ponchettes. Ce site réunissait en effet trois éléments essentiels : un abri, une source d’eau douce située au pied de la colline du Château et un moyen de défense à proximité immédiate de la mer.
L’anse des Ponchettes a ainsi été le premier port de Nice, dès l’Antiquité et jusqu'à la moitié du XVIIIe siècle. Au fil des siècles Nikaïa devient Nice et son "port" change de nom. Il devient l’anse Saint-Lambert, peut-être du nom d’une chapelle voisine aujourd’hui disparue. Malgré plusieurs projets successifs d’aménagement durant tout le XVIIe siècle, l’anse Saint-Lambert est restée une marina à peine aménagée.

octobre2001-5813.JPG  Au milieu du XVIIIe siècle, les ducs de Savoie, soucieux de développer le seul débouché maritime de leurs Etats, décident d’abandonner le site des Ponchettes. En 1749, le roi Charles-Emmanuel III décide de faire construire un nouveau port de Nice dans la plaine de Lympia. Au total, la construction de ce nouveau port artificiel en pleine campagne, commencée en 1750, demandera un siècle et demi de travaux !

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 Contrairement ce à quoi on pourrait s'attendre pour une si grande ville, le port de Nice est relativement petit. Nice n'est pas le principal port de plaisance de la Cote d’Azur, ce titre la, revient à Antibes et le premier port de croisiere est celui de villefranche sur mer, premier port du comté de Nice au temps de la maison de Savoie. N'empêche que le lieu est très joli et intéressant à visiter. Les façades des maisons l'entourant et leur reflet dans l'eau associé au bleu du ciel donnent des scènes très colorée et photogénique à la fois ! la premiere empreinte de l'Italie toute proche ....

octobre2001-0237.JPG  La balade autour du port peut se faire sur deux niveaux, l'un en surplomb, l'autre directement au bord de l'eau. On se baladera donc le long du quai Lunel, du quai Papacino et de la place de l'ile de beauté puis des docks. Vous y découvrirez de nombreux bateaux des pêcheurs et des plaisanciers et enfin plus loin les ferries partant pour la Corse.

octobre2001-0249.JPG  Construit au milieu du XVIIIe siècle, le Port de Nice est longtemps resté un petit port : accueillant tartanes, felouques à voiles latines, le port offrait cependant un spectacle animé. Il était initialement dédié à l’exportation de produits locaux  du comté : huile d'olive, citrons, oranges, anchois et thons pêchés dans la Baie des Anges. Mais aussi de produits issus du piémont italien. Côté importation, le port voyait transiter les céréales que les négociants niçois achetaient jusque dans les colonies anglaises de l'Amérique du Nord, le sel, le sucre, le cacao, et le café.

octobre2001-0253.JPG  M'en bati siou Nissart !

 

Le développement de l’exportation avec des produits manufacturés arrivera le siècle suivant. Aujourd’hui, le Port de Nice reste l’un des lieux les plus authentiques de la ville. Port de commerce, il est un lieu d'ancrage pour les pointus et les yachts. Il demeure aussi bien sûr le point de liaison avec la Corse, Nice étant le point de la France continentale le plus proche de la Corse. Le port de Nice est le premier port cimentier de France en liaison avec les usines de traitement des galets de la vallée du Paillon.

octobre2001-0210.JPG Le port de plaisance de Nice est aussi bien occupé par les "pointus", les barques en bois des pêcheurs du début du siècle et typique du bassin mediterraneen. On en trouve presque une centaine alignés sur 2 lignes dans le port de Nice. Ces pointus, barques de tradition Niçoises ne sont plus construits depuis plus de 30 ans et sont donc désormais comptés et fichés, chacun a sa carte d'identité.

octobre2001-0214.JPG  Depuis longtemps, des amateurs de belle marine pensent que ces barques de travail font partie de notre patrimoine historique nautique, autant que les grands yachts. Des associations comme « la Mouette » fondée en 1928 œuvrent pour restaurer les « pointus » et pour convaincre leurs propriétaires de ne pas les abandonner, malgré le cout de l’entretien, pour des « baignoires en plastique ». Car à Nice on aime les traditions et notre passé historique est sacré...

octobre2001-0258.JPG Tous les Niçois, des milliers de touristes et tous les voyageurs partant pour la Corse ont sous les yeux un parterre de pointus aux coques splendides, toutes différentes, avec des couleurs chatoyantes, des formes rondes et leurs virils « capians ». Les pointus participent à l’animation du port : tous les jours mais aussi à la Fête de la St Pierre fin juin, la Fête de la Vierge le 15 aout, la Fête du port début septembre…. Les Pointus de Nice sont bien notre Patrimoine Maritime à tous, précieux à conserver au cœur de notre port.

octobre2001-0192.JPGMais, c'est quoi ces pointus ? Le pointu est une famille de barques de pêche traditionnelles de Méditerranée. La poupe (arrière) est pointue alors que la proue (avant) est prolongée par un éperon ou « mourre de pouar » (le museau du cochon en Nissart). La famille au sens large comprend notamment : la gourse de Nice dérivée du gozzo italien (barque Tyrrhénienne), la sétoise, la bette, la tartane, la barque catalane, les barques d'Afrique du Nord, de Malte, de Grèce, les felouques génoises.

octobre2001-0194.JPGPour trouver à Nice la vente directe des marins pêcheurs Niçois, il faut aller à la place Saint François dans le vieux Nice ou bien à Malaussena place de la libération ou encore sur le port du Carras voir Tony et sa femme Christiane  qui étale la pêche de son mari parti à 2h du mat pour en revenir à 11h. Ici vous trouverez sars, pageots, bars (loups), petits rougets-barbets, maquereaux qui frétillent encore sur ses étalages. Mais aussi les anchois,  la poutine (alevins de sardines), poissons de roche, dorades grises, ou des poissons moins connus comme la sériole, la liche, la mostelle....

octobre2001-0198.JPGC'est à Saint François que l'on pourra trouver du vrai pissalat et toujours à carras pour la poutine car il reste encore une dizaine de pêcheurs de la prud'homie de Nice qui continuent à pêcher cette légendaire sardine. A la tombée du jour, ou de nuit, ils attendent que la poutine monte à la lumière. Ils la ramènent dans les filets, à la force des bras, à bord des bateaux, chacun revient avec une centaine de kilos. La poutine (ou nonat) est le nom vernaculaire utilisé dans la région niçoise, pour désigner un alevin de poisson.

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 En 1810, le Nissart Antoine Risso identifiait un alevin de poisson, pêché dans les eaux niçoises, comme étant celui de l’Atherina et lui donnait le nom de nonat. La poutine ou le nonat n’est pas non plus le seul format de sardines ou d’anchois pêché, consommé et vendu sur le littoral Niçois. En 1947, le premier lexique bilingue français-niçois traduisait les différentes étapes de croissance de la sardine depuis sa naissance ; Poutina, rafaneta, pataieta, palaia et sardina.

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La pêche à la poutine se pratique avec une senne à mailles serrées. C'est une pêche traditionnelle qui se pratique depuis des siècles sur le littoral niçois et la Riviera italienne. La poutine se consomme en soupe (à peine blanchie), au lait, en beignet, en omelette. Cependant, le moyen le plus simple pour découvrir toute sa fragrance et saveur est de l’apprécier crue avec un filet d’huile d’olive AOC Nice et quelques gouttes de citron de Menton. La différence avec les poissons de méditerranée, c’est qu’eux, ils ont du gout …

                                  DIAPORAMA DE LA VISITE

 Sans titre

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 16:55

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Attention : Promenade faite cet automne 2011

Le dernier article que je vous ai proposé sur San Remo fut la « città vecchia », le quartier que l'on surnomme "la Pigna". Aujourd’hui, je vous fais découvrir la partie du littoral qui va de San Remo à Bordighera en passant par Ospedaletti et vintimille, puisque, c'est par l'autoroute que je suis arrivé, je vais donc emprunter la route du littoral en sens inverse qui me ramènera vers la frontière "française".

octobre2001-0022.JPG San Remo centre de mondanités le plus célèbre de la riviera avec son casino construit en 1905, est le règne incontesté des tables vertes, des roulettes et des machines à sous les plus modernes. Les manifestations sont fréquentes et de qualité, on peut citer entre autre la plus connue dans le monde entier: le Festival de la Chanson italienne, créé en 1951 et qui est aujourd'hui "le festival" par antonomase.

octobre2001-0039.JPG Il y a aussi, la "Classicissima" de cyclisme Milan-San Remo épreuve la plus connue d'Italie. San Remo est également la "ville des fleurs" et elle doit une grande partie de sa richesse et de son bien-être économique à la floriculture. Les serres dominent le paysage et le secteur de la floriculture compte environ deux mille entreprises productives en plus des nombreuses entreprises d'exportation. octobre2001-0062-copie-1.JPG

La ville est voisine de la Côte d'Azur et du Comté de Nice, Menton n'est qu'à une vingtaine de kilomètres, il est donc facile pour un habitant des Alpes Maritimes de s'y rendre assez souvent . Surtout qu'historiquement on est presque chez nous ! Les troupes napoléoniennes occupèrent la ville en 1794. Jusqu'en 1814, ce fut le chef-lieu d'un arrondissement du premier département français des Alpes-Maritimes, créé en 1805 et qui remplaçait celui de Monaco. Après la Restauration de la Maison de Savoie en 1814, San Remo devient une annexe du Royaume de Sardaigne et dépend du ressort du Sénat de Nice jusqu’en 1848. Alors , ce pays est aussi le notre pour un Nissart bien sur ....

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Je commence ma visite par l'église Russe de San Remo. A la fin du XIXe siècle, la communauté russe avait atteint le millier de personnes et en accord avec la ville, il fut décidé de bâtir une église orthodoxe. Sans être aussi belle et  importante que l'église Russe de Nice (celle de Nice est la plus grande hors Russie), elle n'en est pas moins jolie et sa visite vaut le détour.

octobre2001-0084.JPG Tout le long de ma balade, je peux observer les magnifiques demeures qui surplombent la mer. C'est en 1864 que l'impératrice d'Autriche Élisabeth de Wittelsbach (la fameuse Sissi), lors de ses multiples voyages à travers l'Europe (1870-1890) s'arrête plusieurs fois à San Remo. C'est lors de cette période que les magnifiques édifices de la ville sont construits, principalement selon le style art nouveau, pour l'aristocratie européenne qui s'installa de façon semi-permanente dans la ville.

octobre2001-0121.JPG Je m'arrête un instant devant la villa Nobel. Et oui ! je sens que ce nom vous interpelle ... C'est bien lui, oui l'inventeur du prix Nobel habita cette splendide demeure (entre parenthese on peut dire Sanremo ou San Remo). Je continue mon itineraire vers Ospedaletti et je découvre un palais abandonné. Je dois être attiré par ces châteaux en ruine ! Mais oui, souvenez vous de l'article sur mon château abandonné de golfe juan. A la fin de ma découverte, Je suis tellement intrigué que j'arrête le premier passant en vu, pour demander des explications.

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La Villa "La Sultane», est entourée d'un parc verdoyant parsemées de palmiers et d'essences rare d'une grande valeur botanique à environ 250 mètres de la mer. Comme pour le chateau de Vallauris/Golfe Juan , c'est devenu une veritable jungle et la vegetation a envahi le parc. Je me fraie un passage difficilement ... Mais , j'arrive au pied de l'édifice en quelques minutes sans me faire remarquer car la propriété est depuis interdite d'accés.

octobre2001-0164.JPG Commencée en 1883, ce palais a été achevé l'année suivante par l'architecte Biasini de Nice (1841-1913) pour le seigneur Bonfante de Menton et San Remo. La villa se distingue des autres bâtiments par son caractère laïque appartenant à l'éclectisme d'origine française de la période dite "Renaissance" et plus précisément dans les années Second Empire.

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La Villa "La Sultane" a été conçu pour être un casino, elle a donc accueilli le premier casino en Italie en 1884, année de son ouverture jusqu'en 1905 puis a été conçu comme un site de loisirs, où les «invités» de la Côte d'Azur, l'aristocratie de l'Europe et en particulier de l'Est,  se rencontraient pour jouer et s'amuser autour des tables vertes, ou converser sur des sujets divers. Puis l'édifice sera transformé en lieu de culte. Le temple du hasard deviendra le temple du Seigneur.

octobre2001-0185.JPG La guerre en août 1914 mis fin à la période heureuse d'une époque révolue de l'histoire de la «Belle Epoque». Au début de la Seconde Guerre mondiale, déjà fermée depuis des années, la villa était le quartier général des unités militaires jusqu'à la fin du conflit. Ensuite, elle a subi plusieurs transformations et a été utilisé comme résidence privée jusqu'à la fin des années 50. Resté vides et inhabitées, elle a été abandonnée à son sort en raison de la négligence et sa vétusté. Encore une fois comment a t'on pu laisser ce chef d'œuvre en péril ?

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  Ospedaletti est réputée pour avoir le climat le plus doux de la cote Ligure. Cette partie du littoral ne connait pratiquement pas l'hiver. Située dans un amphithéâtre naturel, entre le Capo Nero et le Cap Sant'Ampelio, à 5 km seulement de San Remo, la ville est un oasis de paix et de beauté hors du commun, avec une végétation subtropicale unique sur toute la cote méditerranéenne occidentale. Ospedaletti est la perle incontestée de la Riviera des Fleurs fondée par les légendaires Chevaliers de Rhodes qui dévirent par la suite les Chevaliers de Malte.

octobre2001-0231.JPG  C'est ici que j'ai cassé la croute, un pique nique préparé par soso

 

J'arrive donc tout naturellement aux jardins Pallanca, une merveille d'exotisme en balcon sur la méditerranée, la mer ligure plus exactement. Il est considéré dans son genre, comme le jardin exotique le plus important d'Italie et l'un des plus complets et caractéristiques au monde. La collection de cactées et plantes succulentes du Giardino Esotico Pallanca a été inscrit à l'inventaire des sites nationaux d'intérêt artistique et paysagers, je vous assure, c'est une pure merveille.

octobre2001-0247.JPG Autre petite merveille avant de rejoindre la riviera Française, c’est la maison de Charles Garnier*. J’aperçois celle-ci du petit port de Bordighera tout en ignorant à qui elle pouvait bien appartenir. Mais, ma curiosité m’emmène sur la colline, la, je découvre une pension  occupé par des bonnes sœurs, une congrégation religieuse qui accueille les touristes pour un prix modéré.

octobre2001-0257.JPG Je suis tout de suite accueilli par l’une des sœurs qui entreprend de me faire visiter la villa, j’ai vraiment beaucoup de chance. Au plus haut du campanile, la vue est extraordinaire. Je me trouve devant une très vaste palmeraie. Cette palmeraie est la seule zone de reproduction naturelle du palmier en Europe avec la zone d’Elche en Espagne. Cette palmeraie a été créée par un moine égyptien il y a plus de deux mille ans et compte près de 4000 plantes.

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  Bordighera, c'est toute la douceur de l'Italie qui résonne à votre oreille. Car Bordighera est un rythme de vie, une végétation luxuriante de palmiers, de plantes méditerranéennes, des lumières qui séduisirent Claude Monet. Une balade bucolique je vous dis …… et encore, je ne vous ai pas parlé de la villa Ormond, du Palais Boréa d’Olmo ou du château Devachan. Ah oui ! j'oubliais , je vous avez fait decouvrir les jardins Hanbury qui se trouve aussi dans ce secteur ..... Une autre merveille de la riviera !

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* Charles Garnier (grand prix de Rome) a réalisé le Casino de Monte carlo, L'observatoire de Nice et l'opera Garnier de Paris entre autre .....

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 22:08

octobre2001-0124.JPG L'attrait des Russes pour la Côte d'Azur, et pour la Baie des Anges en particulier, ne date en effet pas d'aujourd'hui. La ville de Nice est connue pour être la capitale de la Côte-d’Azur dont le climat et la beauté du paysage ont été rendus célèbres par les Britanniques à la fin du XIXe siècle. Ce qui est moins connu en revanche, c’est que les Russes peuvent revendiquer tout autant la paternité de cette découverte puisque les membres de la famille impériale avaient pris l’habitude d’y passer l’hiver, et ceci dès la seconde moitié du XIXe siècle.

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C'est ici qu'arrive le Nice-Moscou toutes les semaines

 

 Les fastes de leurs réceptions ont marqué l’imaginaire des Niçois. Reste qu'un siècle et demi de présence russe sur la Côte d’Azur a donné un héritage architectural hors du commun et sans égal hors de Russie. Nombreux sont les vestiges qui nous rappellent la présence d'une colonie dans cette ville, et qui nous font remonter jusqu'au dix-huitième siècle, époque à laquelle la cité était encore sous la protection de la Maison de Savoie.

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Eglises, villas, musées sont autant de lieux de mémoire pour cette communauté, et sont très souvent inconnus de la population niçoise elle-même. Pourtant, ces témoignages d'une splendeur passée sont bien la raison de l'arrivée chaque année d'un grand nombre de touristes venus du grand froid : Nice est devenue un lieu de pèlerinage.

octobre2001-0180.JPG Tout commença en 1770, lorsqu'une flotte russe commandée par Alexis Orloff fit escale à Villefranche, alors qu'elle était en route pour la Turquie. Nice présentait au point de vue maritime un attrait stratégique pour la Russie, lui permettant de développer ses rapports avec cette partie du littoral méditerranéen. Dans les années 1850, une amitié russo-niçoise naquit, grâce au peintre Joseph Fricero, originaire de Nice.

octobre2001-0187.JPG Celui-ci, de voyage à Saint-Pétersbourg avec le prince Gagarine, s'éprit de Youza, qui n'était autre que la fille naturelle du tsar Nicolas Ier. Les noces eurent lieu en 1848 et les époux partirent vivre sur la Riviera. Mais la colonie russe ne se constitua réellement que sous l'impulsion de l'impératrice douairière Alexandra Feodorovna avec le séjour en 1856. Or sa venue à Nice pour raisons de santé dissimulait en réalité un projet politique du tsar Alexandre II.

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En effet, à l’issue de la guerre de Crimée que la Russie avait perdue, le tsar avait des vues sur Villefranche, port doté d’une rade pouvant accueillir une escadre, qu’il avait projeté de louer au roi de Sardaigne, maître alors du comté de Nice, afin d’y établir une base navale, militaire et commerciale.

octobre2001-0252.JPG  L’arrivée d’Alexandra Feodorovna se fit par la mer, une escadre russe l’escortant jusqu’à Villefranche. Lors de son second hiver à Nice, la tsarine désira un lieu de culte orthodoxe et fit édifier, rue Longchamp, la première église russe de la Riviera qui fut inaugurée en 1859. Les lieux de culte commencèrent à fleurir. La colonie russe prenant de l’ampleur dans les villes de la côte, la grande duchesse Anastasia fit construire à Menton, rue Morillot, l’église orthodoxe Notre-Dame de la Miséricorde en 1892, tandis qu’à Cannes en 1894 s’élevait Saint-Michel archange sur le boulevard des Pins.

octobre2001-0299.JPG  Alexandre II acheta la propriété Bermond, vaste domaine couvert de plantations d’orangers, fit raser la grande habitation d’une quarantaine de pièces et élever en 1867 une chapelle commémorative, à l’emplacement exact de la chambre où le jeune prince s’était éteint. (Aujourd'hui,cette chapelle se trouve juste derriere la grande cathedrale Orthodoxe de Nice)

octobre2001 0164-copie-1 Enfin inaugurée en 1914 la grande cathédrale vu le jour, parmi les édifices religieux de confession orthodoxe de Nice, la cathédrale russe est celui qui manifeste le plus brillamment l’importance et la richesse de la colonie russe sur la Riviera. Cette cathédrale est considérée comme la plus belle église orthodoxe hors de Russie ! Elle serait le plus grand édifice orthodoxe russe. Son bulbe central entouré de quatre bulbes plus petits, en font la réplique de Saint-Basile au Kremlin.

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Non loin de là, l’Hôtel du Parc Impérial fut construit en 1900 pour les hivernants russes sur une autre partie du domaine Bermond. Ses tennis furent le théâtre des exploits de la championne Suzanne Lenglen et il a été transformé en lycée en 1924. Après 1917, nombreux furent les Russes blancs qui fuyant le bolchevisme vinrent s’installer à Nice. Pour beaucoup d’entre eux, elle était la seule ville qu’ils connaissaient hors Russie.

octobre2001-0289.JPG  Quant au projet de base navale russe à Villefranche (Vilafranca est le village voisin de Nissa), il fut réalisé en 1859. Lors de l'annéxion du comté de Nice à la France en 1860, Napoléon III donna son accord au tsar et la base fonctionna jusqu’en 1870.

octobre2001-0261.JPG Quand à Alexandra Feodorovna elle œuvra en faveur du développement de la ville ; elle promut notamment la construction d'une large route reliant Nice à Villefranche, baptisée lors de son inauguration " Boulevard de l'impératrice de Russie ". Avec sa belle-sœur, la grande duchesse Hélène, elles mirent à la mode des bains de mer. Cette nouvelle vogue attira nombre de nobles russes. La vie culturelle de la ville s'en trouva transformée.

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Les Niçois appréciaient les fêtes organisées par ces étrangers si peu soucieux des sommes qu'elles pouvaient coûter. Elles duraient toute la nuit, tout y était du plus grand goût, le champagne y coulait à flots…Ainsi, Nice s'affirmait de plus en plus comme centre touristique mondain. Cette tendance fut favorisée par l'exécution de grands travaux. L'installation du chemin de fer et la construction d'une gare eurent pour corollaire l'affluence d'une riche clientèle étrangère. Un orient express Moscou-Nice fut crée (il existe encore aujourd’hui).

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 De plus en plus de grands aristocrates séjournaient sur la Côte d'Azur : certains n'y furent que de passage, d'autres y firent des acquisitions immobilières. Léon Tolstoï et Anton Tchekhov y passèrent beaucoup de temps ; c'est à Nice que Tchekhov fut pris de la passion du jeu. Nice, ville des fastes, ne cessait d'évoluer et de prospérer. A la veille de la première Guerre mondiale, la colonie russe était bien établie et faisait partie intégrante de la société niçoise. La population appréciait ses excentricités et sa manne généreuse.

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 Avec le premier conflit mondial et la révolution bolchevique, l'émigration russe vers la France et vers Nice changea de visage. Elle ne procédait plus des mêmes raisons : la Riviera, autrefois lieu de villégiature, devint le refuge après l'exil d'une multitude de partisans de l'opposition. Certains émigrés contribuèrent à faire de Nice un haut lieu de l'art et de la culture, tel l'architecte Ancré Svetchine, qui construisit les villas de Marc Chagall, des Maeght, de Christian Dior et du brasseur Heineken.

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Aujourd’hui, une autre génération de Russes arrive sur la Côte d’Azur : ce sont les « nouveaux Russes » qui font parler d’eux en dépensant des fortunes dans les palaces et les casinos de la Promenade des Anglais. Mais les Russes installés depuis cinq générations n’entretiennent aucune relation avec eux. Ils les considèrent d’ailleurs même avec un certain mépris.

octobre2001-0328.JPGMalgré la crise, les " nouveaux Russes " sont présents comme jamais à Nice. La plupart sont très aisés et sont à l'image de leurs ancêtres du dix-neuvième siècle. Avides de consommer et de posséder, ils n'ont aucun sens de la modération. De séjour dans les plus grands palaces, ils laissent parfois des notes de plus de cinq mille euros à chaque repas. Les hommes d'affaire investissent souvent dans l'immobilier. Il reste que leur réputation est déplorable. La relation est vite faite avec la mafia, à juste titre d'ailleurs, ce qui est perçu d'un mauvais œil par les Niçois.
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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:32

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Ca faisait bien longtemps que je ne vous avez pas emmené découvrir un village perché des Alpes Maritimes et de l'arrière pays Niçois. L’un de ces villages sentinelles veillant sur la sécurité de toute la vallée. En voici donc deux qui sont préservés et qui ont su conserver tranquillité, traditions et douceur de vivre: L'Escarène et Berre les Alpes. Nous sommes à la source du vieux pays Niçois et plus vous vous eloignerez de la capitale , plus vous trouverez que celui ci prend les couleurs de l'Italie. Les villages de la vallées du Paillon sont comparables aux villages Corses... secret et protéger !

Aout2011-0016.JPGCes deux villages et hameaux (Touet et saint Laurent) du moyen pays, on conservé l'esthétique et l'harmonie de l'architecture, les couleurs pastels fondues dans un environnement champêtre, les toits de tuiles rondes ou d'ardoises qui émaillent un paysage verdoyants aux lignes équilibrées. Ces deux villages se trouvent sur la fameuse route du sel appellé aussi la real strada (la route royale) ou encore la route du baroque Nisso Ligure un decorum monumental qui est l’âme authentique de ce territoire,la mentalité profonde et les racines de notre culture.

068Châteaux et citadelles, vestiges d'enceintes, ruines moyenâgeuses, ruelles pavées, chapelles ou églises classées apportent leur note historique, démontrant à l'envi que des siècles durant la vie économique et culturelle de l'extrême sud des alpes à connu une grande intensité. Ici nous sommes dans le berceau de l'identité Niçoise et de la résistance contre l'oppresseur. Pas un seul jeune du moyen pays n'ignore l'histoire de notre comté par rapport à celui qui habite le littoral. Guiseppe Garibaldi, Enrico Sappia, Catarina segurane sont un trio héroïque ou s'identifie la jeunesse du vieux comté dans un regain de nombreuses associations.

Aout2011-0106.JPGCommençons donc par L’Escarea francisé par le nom de l’Escarène qui était une étape obligatoire sur la Route du Sel. Visuellement, la principale caractéristique de L'Escarène est son impressionnant viaduc composé de onze arches de 40 mètres de hauteur, qui enjambe la vallée du Paillon en dominant le village. Construit dans les années 30, il voit passer chaque jour le "train des Merveilles", qui vous conduira dans la fameuse Vallée du même nom, voire jusqu'à Cuneo en Italie.

Aout2011-0039-copie-1.JPGMais c'est bien sûr la ville ancienne située au pied du viaduc qui mérite notre attention avec son église Saint Pierre Es Liens, une petite merveille baroque du 17ème siècle qui compose, avec ses chapelles des pénitents Blancs et Noirs, un ensemble exceptionnel classé monument historique. A l'intérieur, on peut admirer l'orgue construit en 1791 par les frères Grinda, qui portaient le titre de "facteurs d'orgue du Roy de Sardaigne". Honoré et Antoine, tout deux nés à Nice. Ils ont participé à la construction de plusieurs orgues dans le Comté de Nice et dans le piémont.

octobre2001-0009.JPGCette orgue est classé monument historique, et fait la fierté du village et de ses habitants. Chaque été, la municipalité offre à tous, gratuitement, les "Rendez-vous de l'Orgue Vivant de l'Escarène", où les meilleurs organistes du monde sont invités. Avis aux amoureux de musique baroque authentique !

octobre2001-0027.JPGEnsuite, je pars pour une flânerie dans les ruelles et sur les vieux ponts de pierre, entre la place de la Gabelle, le Pont Vieux et la "Carriera dou Mitan", rien de mieux pour revivre les riches heures de ce village médiéval, qui fut fief et prieuré de l'abbaye de Saint-Pons depuis le 11ème siècle et seigneurie des Tonduti de L'Escarèa au 18ème.

octobre2001-0062.JPGAprès avoir visité la chapelle des pénitents blancs qui renferme des trésors du patrimoine Niçois, notamment douze toiles cadrées de gypseries recensées  par le Ministère de la Culture , je récupère ma moto et je continue ma route vers le village de Touet de l’Escarene situé sur la route du col de Braus. Touët de L'Escarène est étagé sur le flanc d'une colline, au dessus d'une rivière chantante, dans un environnement tranquille et bucolique à souhait. C’est ici qu’est né Henri Sappia, personnage aussi populaire que Garibaldi et Catherine Segurane pour un Niçois.

octobre2001-0127.JPG Henri Sappia, érudit, écrivain, mort à Nice en 1906. D’une ancienne famille du comté, il avait fait de solides études classiques dans le collège des jésuites de Nice. Docteur en lettres, en philosophie et en droit, il fut tour à tour professeur des universités de Naples et de Turin, journaliste et homme politique mêlé de près aux mouvements révolutionnaires italiens. Secrétaire de Mazzini, cet érudit du Comté de Nice est enflammé par les exploits de Garibaldi.

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Il conçut une violente hostilité pour le régime de Napoléon III. Recherché activement par la police française pour son opposition à l'annexion du pays de Nice à la France, il émigre à Londres et rentre à Nice vers 1890. En 1898, il fonde la revue « Nice-Historique » qu'il dirige jusqu'à sa mort et contribua activement à la création de l'Acadèmia Nissarda dont il fut le secrétaire. J’ai d’ailleurs fait un article sur ce personnage célèbre,ce héros de la résistence.

octobre2001-0087.JPGMaintenant, je redescends la vallée du Paillon en empruntant à nouveau le col de Nice. A la sortie du village de l’escarene, j’emprunte la route sinueuse qui nous emmène au village perché de Berre les Alpes (Berra en Nissart). Après avoir effectué les deux tiers du trajet on aperçoit, adossé à l'extrémité d'un plateau situé à 680 mètres d’altitude, le pittoresque et coquet village  médiéval.

Aout2011-0327.JPGLe village de Berre est à la limite d’altitude où le châtaignier remplace l’olivier. Avant le village, les oliveraies sont nombreuses, après lui s’étendent les forêts de châtaigniers, et partout règnent le mimosa et le pin. Berra est l’un des principaux villages de la résistance Niçoise qui verra la création de ce que l’on appellera « le barbétisme ».

Aout2011-0334.JPGEn 1794 des exactions y sont commises par des soldats marseillais de la république .Dès l’arrivée des troupes françaises dans le comté de Nice de nombreux hommes entrèrent en résistance, formèrent des milices et prirent le maquis sous l’appellation de barbet. Ce sont ces fameux barbets qui permirent au Royaume de Piémont Sardaigne de récupérer ses terres après une lutte acharnée.

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  Seigneurie de la famille di Berra durant cinq siècles, Berre les Alpes est riche de son noble passé médiéval, calme et serein de nos jours, loin de la foule et du stress et néanmoins proche de Nice, Berre les Alpes est un village attractif bordées de hautes maisons alpines en belles pierre, de petites fontaines et de passages voûtés rafraîchissants.

octobre2001-0179.JPG la petite gare ou passe le train des merveilles

 

Mais, non seulement d’être un joli village du moyen pays Niçois, Berre les Alpes est un mythe de la musique Rock. Celui ci a accueilli le studio d'enregistrement Super Bear, de 1977 à 1986. Quelques albums rock célèbres tels que The Wall (Pink Floyd, 1979), Jazz (Queens, 1977) ou encore Lionheart (Kate Bush, 1977) y ont été conçus.

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Des artistes internationalement connus tels que Queens, Paul McCartney, Elton John, Pink Floyd, David Gilmour, Rick Wright, Ringo Starr, Kate Bush, The Alan Parsons Project, Francis Cabrel, Dick Rivers, Bijou investissent les lieux à la fin des années 1970. Un incendie de forêt aura raison de la bâtisse en 1986. Reconstruite par la suite, la maison deviendra une galerie picturale puis une maison d'hôtes. Elle l'est encore aujourd'hui. Ici sur cette terre bénie par les Dieux venant de la Grèce Antique, le moindre village est une légende. Les découvertes sont illimitées …

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 17:06

Aout2011-5879.JPG Breil sur Roya, fleuron de l'architecture ligure et baroque, est aux portes du parc du Mercantour et de la Vallée des Merveilles ; mais c'est aussi le carrefour des deux lignes de chemin de fer qui relient Vintimille et Nice à Coni dans le Piémont. L’histoire des transports de la Côte d'Azur et de la Riviera dei Fiori (Riviera italienne) est représentée par un écomusée. Des bénévoles ont ainsi restauré et exposé dans ce musée 32 véhicules :

Aout2011-5874.JPG Trois tramways, trois trolleybus, sept autocars, dix-huit autobus et un camion de service. Aux côtés de ces véhicules, le musée présente des véhicules ferroviaires historiques restaurés ; parmi ceux-ci, la CC 7140 type « Maurienne », la BB 8238, la magnifique 141 R 1108, et l'autorail X-2804 qui fut pris dans la vague, et sauva des vies humaines, lors de la rupture du barrage de Malpasset le 2 décembre 1959. La ligne Nice-Cuneo est toujours en activité de nos jours et est même considérée comme une ligne légendaire. Elle est surnommée « le train des merveilles ».

Aout2011-6105.JPG La ligne présente un dénivelé supérieur à 1 000 mètres entre le point culminant situé dans le tunnel du col de Tende (1 040 m) et le niveau de la Méditerranée. Un tel dénivelé n’est dépassé en Europe  que par le réseau des chemins de fer rhétiques de Suisse (Les Chemins de fer Rhétiques, en allemand Rhätische Bahn, en italien Ferrovia Retica sont une entreprise ferroviaire classé au patrimoine mondial de l’UNESCO...). La rampe maximale s'élève à 25% et le rayon de courbure minimal est de 300 m. Ces paramètres autorisent une vitesse maximale de 10 à  80 km/h.

Aout2011-6026.JPG Je continue ma route, et j’enchaine à nouveau les villages perchés dont le monumental village de Saorge qui était considéré comme le « Verrou de la Roya ». La France ne possédera  certains de ces villages qu’après la seconde guerre mondiale. Il s'agissait d'une position bien trop stratégique pour permettre que le Piémont, en passe de conclure l'Unité d'Italie, cède ces terres à la France. L'enjeu est clair: d'éventuelles positions fortifiées françaises avec les canons pointés sur la ville de Coni, point d'accès à la plaine du Pô, donnerait en cas de conflit un avantage gigantesque à la France, dont les troupes ne seraient plus qu'à deux ou trois jours de marche de Turin, la capitale.

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Le Piémont ne peut donc pas se priver de ce rempart naturel que sont les Alpes. Cavour et la diplomatie italienne finiront par trouver un compromis avec le "Second Empire". Le Comté de Nice sera bel et bien rattaché à la France par le Traité de Turin (1860), pour respecter l'engagement pris vis-à-vis de Napoléon III qui avait promis un soutien militaire au Piémont dans la guerre contre l'Autriche (bien que cet engagement ait été tardif et dont l'efficacité demeure encore aujourd'hui objet de discussions).

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Néanmoins, Tenda, La Briga, Piena Alta et d’autres hameaux seront officiellement déclarés "territoires de chasse personnelle du Roi", donc inaliénables. Pour consoler les Tendasques et les Brigasques de leur "infortune", privés par la nouvelle frontière de débouché sur la mer et sur les florissantes activités de la côte Niçoise, on accorde à la Haute Roya des franchises douanières : les produits agricoles vendus sur la Côte ne seront pas soumis à douane.

Aout2011-5987.JPG J’arrive enfin  à la brigue, l’un des hauts lieux de la vallée et du Comté de Nice dès le Moyen âge grâce à une importante activité agro-pastorale. Elle conserve de belles demeures anciennes, avec arcades, linteaux sculptés et peintures en trompe-l'œil, ainsi que les vestiges du château des Comtes de Lascaris de Vintimille.

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La chapelle Notre-Dame des Fontaines se situe à 4 km à l'est du village direction Morignole et l'Italie. Au XVe siècle, le sanctuaire Notre-Dame des Fontaines n'était pas aussi isolé qu'à l'heure actuelle. En effet, l'important chemin muletier conduisait vers la Ligurie et la Riviera pour acheminer le sel, passait par la chapelle. Sa réputation attirait de nombreux pèlerins venus de diverses régions (Ligurie, Piémont, Provence). L'édifice fut construit sur des sources intermittentes auxquelles on attribuait de nombreux miracles lors de leurs résurgences, d'où le nom de ce sanctuaire.

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L'édifice religieux n'est pas très spectaculaire de l'extérieur. Mais, à l'intérieur, les murs de l'église sont totalement recouverts de peintures murales remarquables. La surface couverte par les fresques a valu à l'église le surnom de "Sixtine des Alpes méridionales".  On remarque particulièrement "le Judas pendu", grimaçant, le ventre ouvert, les entrailles pendantes, alors qu'un diable arrache son âme de son enveloppe charnelle pour l'emporter. Cette chapelle est un joyau artistique sans équivalent. Notez qu'une partie de ces fresques exceptionnelles sont reproduite dans le musée des monuments français, au Trocadéro à Paris.

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Selon une vieille légende, les sources de la Brigue se tarirent, sans doute à la suite d'un tremblement de terre. Ne pouvant plus arroser leurs champs, les villageois firent le vœu d'ériger une chapelle à la Vierge, si elle rendait l'eau à leurs campagnes. Les sources se remirent à couler. Les habitants de La Brigue édifièrent donc un sanctuaire en reconnaissance de ce miracle. Se sanctuaire abrite plus de 220 m2 de peintures murales réalisé par deux peintres piémontais: Giovanna baleison et Giovanni canavesio.

Aout2011-6090.JPG Le premier décora le chœur  en 1421 en y représentant essentiellement la vie de la vierge Marie. Le second composa plus tard sur les murs de la nef, le cycle de la passion du christ. L'intérieur de la chapelle reste aujourd'hui très très sombre pour ne pas risquer d'endommager les fresques qui souffriraient de la lumière artificielle. Il est donc très difficile de pouvoir faire des photos, car l'utilisation d'un flash est interdite. J'ai reussi tout de meme à vous presenter quelques photos bien entendu réalisé par mes soins ...

Aout2011-6094.JPG Les fresques sont dans un état remarquable de conservation et n'ont jamais été restaurées. La Brigue possède aussi d'autres monuments historiques et son église possède un retable de Louis Brea, maître d'une véritable école  de peintres, les primitifs niçois, dont les œuvres  constituent les trésors des sanctuaires de la région.

Aout2011-6110.JPG A saint Dalmas de Tende, je m’arrête pour me désaltérer, et pour faire quelques photos de la gare abandonné de la ligne Nice-Cuneo. Celle-ci éveille toujours la curiosité pour le touriste qui visite ce hameau au pied du massif du Mercantour et qui se trouve etre le depart pour les excursions dans la vallée des merveilles, un musée à ciel ouvert avec plus de 50000 gravures protohistoriques, datant pour la plupart de l'âge du bronze..

Aout2011-6107.JPG  Ouverte partiellement au service en 1915, puis totalement en 1928 grâce à l'achèvement de la liaison ferroviaire Ventimiglia-Nice-Cuneo, la gare de Saint-Dalmas-de-Tende avait 2 fonctions principales : donner au premier coup d'œil au voyageur étranger venant de France, une image grandiose de l'Italie (jusqu'en 1947 c'était "San Dalmazzo di Tenda"), surtout quant on sait que le village compte moins de ... 500 habitants !

Aout2011-6114.JPG Elle fut construite sous les ordres de Mussolini dans le but d'affirmer l'omnipotence de l'Italie à la frontière. En Italie, sous le règne de Victor Emmanuel III, Benito Mussolini forme un gouvernement fasciste en 1922 et devient le « Duce ». Il instaure un régime autoritaire nationaliste, impérialiste qui prend fin en 1945. La population est encadrée, embrigadée par la propagande. De grands travaux sont entrepris pour améliorer le quotidien des Italiens, mais surtout pour montrer la grandeur et la puissance de l'Etat, de l'Italie.

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 L'architecture est un moyen d'expression, de valorisation des régimes politiques. L’architecture de la gare de Saint Dalmas est tout de même de style baroque piémontais et non de style fasciste. Mais, comme un fantôme, l'inscription en italien "San Dalmazzo di Tenda" vient nous rappeler que ce village était italien jusqu'en 1947 où un référendum populaire a rattaché à la France ce petit "bout du monde" perdu. Rome n'est qu'à 700 kilomètres alors que Paris est à plus de 1 100 kilomètres !

Aout2011-6074.JPGAujourd’hui la partie italienne de la vallée est bien aménagé alors que la partie Française de cette vallée enclavée dans le territoire transalpin est oublié par les pouvoirs publics et le conseil général des Alpes Maritimes. On va dire que tout cela à le mérite  (pour se consoler) de conserver une vallée authentique et bien préservé des inconvénients du monde moderne…

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 19:45

Aout2011-5830.JPG  le village de Fanghetto ( Countea de Nissa-italie)

 

Si vous voulez découvrir l’authenticité des villages d’autrefois dans le comté de Nice, rien ne vaut une escapade dans la vallée de la Roya ou subsistent les dernières communes à être devenues Françaises en 1947 et qui sont les gardiennes d’une vraie richesse patrimoniale. Dans cette vallée, au moyen âge passait  la fameuse route du sel, qui était utilisé par les éleveurs Piémontais pour transporter des tonnes de sel pour l’alimentation humaine et animale, les salaisons et le traitement des peaux. Ce sel était acheminé par des bateaux venant du port de Villefranche sur mer (le port de Nice n’existait pas encore) et était acheminé par des mulets vers Turin.

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Pendant plus de 700 ans le comté de Nice était un territoire indépendant qui demanda protection à la maison de Savoie avant d’être annexé par la France en 1860. La vallée de la Roya, quand a elle restera dans le royaume d’Italie, car Victor Emmanuel II, le Roi Chasseur, négociera avec Napoléon III la conservation de cette réserve de chasse personnelle et naturelle.

Aout2011-5859.JPG  le village de Piena Alta (Countea de Nissa-France)

 

 

En fait, Victor Emmanuel pensait  plutôt à se protéger d’éventuelle invasion de la France par cette vallée strategique qui mène jusqu’à Turin la capitale du Royaume.
Le patrimoine naturel de la vallée se caractérise par la présence de milieux très différents : quelques kilomètres suffisent pour passer du monde méditerranéen de l’olivier à l’univers alpin de l’édelweiss.

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Gravures rupestres des Merveilles de Fontanalbe, chapelles aux fresques somptueuses, route du sel, terrasses agricoles, tout invite à la découverte de cette vallée à la riche culture, dans laquelle l’empreinte de l’homme est omniprésente. La vallée de la Roya offre au visiteur une palette complète d’activités sportives, culturelles ou orientées vers la découverte de la nature. La vallée de la Roya est de toutes les vallées des Alpes-Maritimes, la plus riche en histoire. Dans la haute vallée de la Roya, on parle le royasque, dialecte de transition entre le Niçois et les parlers Celto ligure.

Aout2011-6043.JPG  En voiture ou en moto, il faut emprunter la “Route du baroque nisso-ligure”. Les mélomanes seront curieux de découvrir quelques uns des sept orgues, restaurés et classés Monuments Historiques, signés par les plus grands maîtres toscans ou lombards, que compte la vallée. La  Roya a toujours été une importante voie de communication ; c'est l'un des plus beaux circuits de la Côte d'Azur, qui vous emmènera vers les hauteurs en traversant des paysages superbes, de belles perspectives impromptues sur la montagne ou la mer.

Aout2011-6015.JPG Le calme et grandeur sont au rendez-vous dans ce parcours pastoral. Suivez-moi pour au moins deux articles sur les villages perchés de Fanghetto, Libra, Piena Alta, Saorgio, le musée du train, le sanctuaire de Notre Dame des Fontaines ou la gare Mussolinienne de San Dalmazzo Di Tenda. C’est en remontant la vallée depuis Vintimiglia que l’on aperçoit les premiers villages perchés. L’un est italien (Fanghetto celui de droite) et l’autre est Français (Libra celui de sinistra ..pardon gauche).

Aout2011-6125.JPG Aujourd'hui, les hameaux et les villages qui forment la commune de San Michele Olivetta et de Fanghetto  en collaboration avec ceux qui sont devenues français à la fin de la Seconde Guerre mondiale ont formé la fameuse communauté des "Pen".
L'histoire de "Pen" est étroitement liée avec les Seigneurs de Vintimille, Menton, Monaco, Dolceaqua."Pen", avec son château imprenable, domine le Val Roja et la Riviera ligure. L'importance de celui ci a grandi quand il est devenu la frontière entre les territoires de la République de Gênes et ceux de Savoie. La façon dont il contrôlait le transit des cargaisons de sel entre Nice et le Piémont deviendra stratégique.

Aout2011-5883.JPG Dans son histoire millénaire "Pen" a connu toute espèce de domination: le féodal et monarchique, républicaine, les comtes, marquis et ducs, évêques et archevêques, rois et empereurs. Aujourd’hui la commune de Olivetta San Michelle et celle de Fanghetto se trouvent pour 50% sur le territoire français et 50% sur le territoire Italien. C’est l’un des rares cas français avec cette particularité communale. Ces villages Italiens revendiquent leur empreinte occitane. L'Occitanie n'est pas un état mais une région, comprise géographiquement entre les Alpes, les Pyrénées, la Méditerranée et l'Atlantique française marquée par un langage commun.

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Une ligne imaginaire joignant Bordeaux à Briançon, en passant sur Limoges, Clermont-Ferrand et Valence, la traversée des Alpes et une quinzaine de vallées du côté italien, s'étend de Menton, sur la côte méditerranéenne et à la Catalogne dans l'état espagnol. L'Occitanie compte sept régions. Les Vallées occitanes d'Italie couvrent les trois provinces d'Imperia, Cuneo et Turin, et sont officiellement douze. Appartenant à la province de la Ligurie Olivetta San Michele et le territoire de Triora sont rattachés à cette région et à la langue occitane. Aout2011-6130.JPG

  Le village de Saorgio (Countea de Nissa-France)

 

Le nom dérive de «Oliveta» et a été donné par la population parce que les oliviers sont nombreux dans ce coin d'italie. Situé à 8 Km de Breil, le pittoresque village italien de Fanghetto est le point de départ pour les amateurs de canyoning. En levant la tête, on aperçoit le  hameau  de Piena Alta (francais) en nid d'aigle (613m d'altitude), à la cime d'un éperon rocheux, avec vue plongeante sur les méandres de la Roya. Alors que le Comté de Nice est cédé à la France en 1860, Victor Emmanuel II désireux de conserver les passages alpins indispensables à sa défense garde les hautes vallées de la Roya, de la Tinée et de la Vésubie. Ce n'est qu'en 1947 que les villages de la Haute Roya, dont Piène Haute, ancienne place forte du 11 ème et 12 ème siècle, seront annexés à la France.

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Le hameau de Piène Haute (60 habitants) recèle des maisons anciennes et de ruelles pavées en escalier. Les ruines du château témoignent, encore aujourd'hui, des combats qui se sont déroulés entre Génois et Savoyards. Il est devenu Français par décision d'annexion signée par le Général De Gaulle en 1945. Il plonge même ses racines jusqu'au temps des Ligures, ce peuple ancien établi, dès les premiers siècles, sur la Côte Méditerranéenne. Son nom "Piène - Haute" a suscité bien des débats au cours de cette longue histoire.

Aout2011-6168.JPGPrimitivement "Penna», puis "Penna Alta, il s'est transformé en "Piena" pour ne pas le confondre avec un autre Penna, situé dans les Abruzzes. En 1947, lors de son passage à la France, le nom de "Piène - Haute" fut définitivement retenu. Piène-Haute de 1860 à 1947 fut rattachée à la commune d’Olivetta San Michele, province d'Imperia.

Aout2011-6208.JPG Lors du traité de paix franco-italien de 1947, plusieurs hameaux devinrent français et intégrèrent la commune de Breil-sur-Roya, notamment "Piena" (Piène-Haute), "Libri" (Libre) et le poste-frontière de "Ravaï" (Piène-Basse), en partie à l'abandon depuis la suppression de la douane et de la gare. De l’autre coté on aperçoit « Libre ». Ce hameau d’environ 80 habitants se situe à 600 mètres d’altitude et est réputé pour la culture de ses oliviers.

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A Suivre …

 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 20:00

octobre2001-0003.JPG La rivière "Le Loup" prend sa source dans les hauteurs boisées de la commune d'Andon-Thorenc à 1250 metres d'altitude au pied de la station de ski de l’Audibergue, la plus proche station du littoral de la Cote D’azur. Sur le territoire des bisons et des chevaux de Przewalski, cet espace de 700 hectares que je vous avais fait découvrir dans un article : La réserve biologique des Monts d’Azur au domaine du haut Thorenc.

octobre2001-0036-copie-1.JPGLe loup nait ici dans ce sanctuaire de la faune et de la flore européenne, au milieu d'une mosaïque de milieux ouverts (falaises rocheuses, éboulis, pelouses) et de boisements remarquables (chênes pubescents, charmes houblons, hêtres, sorbiers…) ainsi qu'une faune particulièrement riche et variée : chamois, cerf, chevreuil, aigle royal, pic noir, tétras-lyre… et bien sur le loup le gardien de la nature.

octobre2001-0043.JPGLong de 45 km, le cours d'eau s'est frayé un chemin à travers les Préalpes de Grasse jusqu'à la plaine du Loup, où il rejoint la Méditerranée entre Villeneuve-Loubet et Cagnes sur Mer. C’est ici qu’au mois de Novembre, suite aux pluies torrentielles, il déborda de son lit pour inonder quelques malheureux résidents se trouvant proches de ses berges.  On le sait, le « Loup » peut piquer de grosses colères une fois dans l’année, quand quelques un de ses affluents descendant des autres massifs montagneux l’alimentent généreusement.

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  Ses gorges bénéficient d'une voie de pénétration qui permet aux amoureux de la moto d'en découvrir aisément la beauté, ce qui en fait un pôle très attractif de la Côte d'Azur, entre Grasse et Vence. De jolies cascades se jettent dans ses eaux turbulentes. Imprévisible et impétueux en période de crue, son débit est faible pendant la saison sèche et ses rives offrent tout au long du parcours, de nombreuses possibilités de promenades et d'activités diverses comme le canyoning.

octobre2001-0095.JPGLes gorges du Loup sont à elles seules un trésor pour les sportifs, qui offrent aux amateurs de sensations fortes des sites d’escalades à vous couper le souffle, du vol libre à vous faire tourner la tête ainsi que des canyons aquatiques vertigineux.
Le hameau du  « Pont du Loup » annonce l'entrée des Gorges du Loup. A partir de cet instant, il faut lever les yeux sur les falaises abruptes qui nous entourent.

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Direction Gréolières (la seconde station de Ski Grassoise), la route serpente entre les parois rocheuses et longe le Loup. De tunnels en ponts, les Gorges dévoilent ses paysages et vous mènent au site classée de la cascade de Courmes, qui se jette de plus de soixante cinq mètres de haut , puis à la cascade et au site du Saut du Loup.

octobre2001-0111-copie-1.JPGLa route (D3) qui joint Bramafan à Gourdon (classé dans les plus beaux villages de France) offre un superbe panorama sur les Gorges et le charmant village de Courmes. Toujours au départ du Pont du Loup, un petit sentier non balisé, qui longe la Confiserie Florian (arrêt indispensable pour tous les gourmands), permet de remonter la rivière et de profiter des nombreux trous d'eau et clues naturelles.

octobre2001-0161.JPGPénétrant dans les Gorges, nous admirons bientôt les excavations arrondies que le temps a polies et que l'on nomme ici des marmites. Puis à la sortie d’un tunnel apparaît un énorme bloc mégalithique sur lequel a poussé un saule pleureur qui signale l'entrée d’un site remarquable. Une petite descente par des escaliers aménagés vous emmène aux cascades des Demoiselles avec leurs eaux saturées de chaux qui calcifient les végétaux environnants.

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La Grande Marmite s'est formée durant les aires tertiaire et quaternaire par l'érosion du Loup. On atterri là dans un autre monde, propice à la réflexion, au calme, au repos des sens. Dans un monde où la nature est reine, et où l'homme se doit d'être vigilant s'il veut assister au spectacle des eaux, en contrebas d'une petite route en lacet.

Ici, l’impetueux cours du Loup passe en contrebas des villages de Gréolières et Cipières (village de mon beau frère et de ma belle sœur).

octobre2001-0228.JPGDe là, il faut lever les yeux vers le ciel, pour apercevoir le village de Gourdon, perché au-dessus des falaises. Pas loin de trois fois la hauteur de la Tour Eiffel nous sépare de ces maisons inscrites dans l'azur. Mais aujourd’hui, je n’irai pas dans ce village « classé plus beau de France » je l’ai déjà fait découvrir à maintes occasions. Mais à partir du pont de Bramafan, j’emprunte la route qui mène à Courmes.

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Courmes est un village qui n’existe pas, ni pour les touristes, ni pour les habitants des Alpes Maritimes. Celui-ci se trouve au bout d’une route sinueuse en sens issue. Seuls les 80 habitants du village y parviennent pour le garder secret. Moi-même, j’y suis allé pour la première fois en votre compagnie, alors que celui-ci se situe à quelques poignées d’accélérateur de mon domicile.

octobre2001-0300.JPGC’est un minuscule village de moyenne montagne blotti au pied du Puy de Tourrettes. La route s'arrête là, après avoir serpenté sur plusieurs kilomètres, vous êtes au bout du monde... mais à seulement 45 minutes de l'aéroport de Nice…. Et , je suis bluffé, conquis par la beauté d’un village de pierres dont aucun office de tourisme ne mentionne l'existence. Un air pur et léger, une végétation du sud exubérante, un calme absolu.

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Une allée de platane me conduit jusqu'à l'entrée du village, ses maisons en pierre jaune merveilleusement restaurées, son lavoir, ses énormes portes en bois construites à la Renaissance. Cette Seigneurie du Moyen Age a pratiquement été dépeuplé après la dernière guerre, Courmes revit peu à peu, se ranime grâce à des citadins en mal de nature et des résidences secondaires parfaitement entretenues.

octobre2001-0338.JPGAprès cette petite halte, je retourne sur mes pas pour suivre la rivière vers la mer et des villages qui eux par contre, sont connus des touristes du monde entier : Le Bar sur Loup du comte de Grasse instigateur de l'independance Americaine, Tourrettes sur Loup la cité des violettes ou encore Saint Paul de Vence le village des artistes .

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Dans cette portion encore sauvage de la rivière qui est le paradis des pêcheurs, la vallée du Loup se présente comme un parcours de toutes les rencontres, vous entraînant dans une nature sauvage sur les traces de notre culture et du passé mouvementé de nos proches vallées. Il faut savoir que la partie basse du Loup était exploitées par les Romains. Je fais une halte au niveau d'une chapelle bâtie au bord même du Loup. C'est l' Hermitage Saint Arnoux, du nom d'un abbé de Lérins qui s'y était retiré jadis pour fuir le monde. L’édifice religieux a une histoire incroyable.

octobre2001-0367.JPGEn 1482, le comte Jacques de Grasse est accueilli avec effusion par ses sujets après son mariage. Il veut les remercier en donnant un bal. Mais il choisit pour cela la période sacrée du Carême, malgré les interdictions. La justice divine frappe les danseurs qui trépassent subitement. Le Comte épouvanté invoqua Saint Arnoux et lui promit, s'il l'épargnait, d'édifier une chapelle dans les Gorges du Loup. Ménagé, il tint parole. Le bâtiment actuel, reconstruit, ne remonte qu'au 13e siècle. Depuis ces temps lointains, la chapelle a été l'objet d'un pèlerinage et la fête d'août est la consécration de ce pieux souvenir. Le loup ici devient légende …

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 10:39

photos-septembre-2010 0048  C’est en revenant de la visite du jardin du Val Rahmeh à Menton, que je me décide de faire une halte à Villefranche sur Mer pour vous faire découvrir la citadelle Saint Elme.
La Citadelle a été construite pour prévenir tout assaut venant de la mer car en 1543, c'est la guerre sur notre rivage, les 110 galères de Barberousse débarquent à Villefranche, razziant, brulant et dévastant tout sur leur passage.

photos-septembre-2010 0207-copie-1Aprés la  victoire de St Quentin en 1557 du Duc de Savoie et de Charles Quint sur les Français et le traité de Cateau-Cambrésis en 1559 permettent  au Duc de Savoie de fournir les écus pour achever les travaux de la Citadelle Saint Elme de Villefranche qui prendront fin en 1570. Quand le chantier de la Citadelle s'achève, la main d’œuvre et le matériel sont déplacés pour construire le Fort du Mont Alban sur les hauteurs de Nice et de Villefranche (vilafranca). Cette deuxième construction considérée comme défense terrestre, vient en complément du Fort Saint Elme, défense maritime.

photos-septembre-2010 0145  Erigée pour remplir le rôle de sentinelle de la rade, cette forteresse a subi de nombreux sièges plus ou moins glorieux au service de la maison de Savoie. Après le rattachement du Comté de Nice à la France en 1860, la Citadelle garde sa vocation militaire. La Citadelle sert de cantonnement militaire au 24ème Bataillon des Chasseurs Alpins. Après 1945, la forteresse est à l’abandon. En 1965, le conseil municipal en place rachète la Citadelle. Sa restauration est entreprise en 1979.

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L’ensemble du fort est entouré d'un large fossé. Un pont permet d'accéder au portail d'entrée. A l’intérieur de la citadelle, la Mairie de Villefranche s’est établi en compagnie de plusieurs musées. Tous sont libres d’entrée et gratuit pour le visiteur.

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La citadelle de Villefranche sur mer abrite le Musée Volti qui n’est pas un musée comme les autres. Blotti au fond des casemates de la Citadelle, tout un peuple de femmes de bronze, de cuivre et de terre cuite étalent leurs courbes voluptueuses dans un écrin de pierres brutes : la Donation Volti bénéficie d’un décor et d’une présentation tout à fait exceptionnels, qui en fait un ensemble artistique unique. Les grandes sculptures féminines s’intègrent à une architecture militaire dont la rigueur exalte le côté charnel de l’œuvre de l’artiste.
Volti qui n’acquiert sa véritable personnalité qu’après la guerre s’inscrit dans la lignée des Rodin, Maillol, Bourdelle.

photos-septembre-2010 0073 Amoureux de la femme, toute son œuvre forme un chant à la gloire du corps féminin, courbes et rondeurs sont pour lui les images même de l’art et de la vie. Jamais de mièvrerie dans les sculptures de Volti qui traite le corps de la femme en recherchant davantage force et vérité que grâce facile et élégance légère. Héritier de 2000 ans de traditions, ayant assimilé toutes ces influences, y ayant incorporé sa sensibilité propre, Volti a trouvé son style dans lequel on reconnaît les données constantes de la statuaire de la Méditerranée.

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Une  anecdote ou plutôt une coutume, c’est la relève de la garde.
Tous les soirs à 19h le canon tonne pour réveiller les fantômes en uniforme. Pour quelques minutes, ils montent à nouveau la garde sur le pont-levis et amènent les couleurs avant de fermer la porte de la Citadelle. Spectacle gratuit, du 1er juillet au 31 août devant la citadelle. Une autre anecdote qui concerne les amateurs de football : C’est d’ici que le 21 juin 1930 partit pour Montevideo en Uruguay sur le Conte Verde, l’équipe de France de football qui participa à la 1er coupe du monde sous la conduite de Monsieur Jules Rimet, le créateur de cette compétition laquelle porta ensuite son nom.

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Villefranche sur mer est l’une des plus anciennes cités des cotes  méditerranéennes Françaises au même titre qu’Antibes. Cité qui remonte à 130 ans avant J-C. Au bas de la citadelle, on pourra découvrir la chapelle Saint Pierre dite chapelle Cocteau. Jean Cocteau décore entièrement en 1956 cette ancienne chapelle de pêcheurs sur le port. L'ensemble est dessiné sur des thèmes religieux évoquant l'apôtre ou sur des thèmes plus populaires comme l'hommage aux gitans des Saintes-Maries de la Mer et aux Demoiselles de Villefranche. Elle abrite aussi la prud’homie des pêcheurs.

          DIAPORAMA DE LA CITADELLE SAINT ELME


 
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Published by freerider06 - dans comté de Nice

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