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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 13:40

photos-septembre-2010-0181-copie-1.JPG Le département des Alpes Maritimes est riche d’une diversité géographique de paysages naturels et agricoles comme nulle part ailleurs. La biodiversité y est exceptionnelle. Parmi les éléments concourant à cette grande richesse naturelle, il faut inclure les jardins. La route des jardins de la cote d’azur 3 eme épisode peut commencer. Je vous rappelle au passage que cette promenade et ces photos ont été faite en hiver sur la Cote d'Azur.

photos-septembre-2010-0022-copie-3.JPG Parmi la cinquantaine de « jardin remarquable » de la cote d’azur, certains sont propriétés de l’état ou de la commune, d’autres sont à d’heureux propriétaires privés et certains d’entre eux vous diront tout naturellement : « pour faire un jardin, il faut un morceau de terre et de l’éternité ». Ils sont autant de récits et de moments de l’histoire qui ont contribué à la constitution de ce riche patrimoine qui fait aujourd’hui la splendeur des Alpes Maritimes, département ainsi nommé depuis l’époque Romaine.

photos-septembre-2010-0050.JPGCyphomandra:Arbre à tomates tamarillo fruit exotique origine d'Amérique du sud.Très cultivé en Nouvelle Zélande 

  Ces jardins  nous parlent des rapports que les habitants de ce territoire béni des Dieux ont entretenus avec le monde méditerranéen et au delà avec l’Afrique et l’Orient, des échanges culturels et commerciaux entre ces mondes. Ils sont aussi des lieux ou s’expriment l’art (depuis ses formes les plus baroques jusqu’aux plus contemporaines) et la science des botanistes et des horticulteurs par leurs créations de nouvelles variétés adaptées au climat de notre département.

photos-septembre-2010-0069.JPG Les jardins sont bien des prolongations naturelles d’une conception de la vie et de la philosophie rendue visible et c’est pourquoi ce département est à nul autre pareil pour la beauté de ses jardins. Partons ensemble pour la visite de l’un des plus beaux, peut-être même le plus beau, en tous les cas le plus incroyable: Le val Rahmeh de Menton.

photos-septembre-2010-0086.JPG Le domaine s'est structuré, dans une confusion organisée qui fait son charme, aujourd'hui encore. Il comporte une villa, la maison du jardinier et un jardin divisé en deux parcelles attenantes. Dépendant du Muséum d’Histoire naturelle, le domaine affiche un rôle affirmé de jardin d’acclimatation et de conservation d’espèces rares, exceptionnelles ou disparues dans la nature comme celui de son voisin Maria Serena ou encore le jardin exotique de Monaco.

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Le climat exceptionnel de Menton a permis d’introduire, d’acclimater et d’entretenir dans le jardin quelques 1700 taxons (espèces, sous-espèces et variétés).Oasis de silence, lieu de détente offrant au visiteur de l'été comme de l’hiver, l'ombre légère de ses allées et la fraîcheur de sa fontaine et de ses bassins, la douceur de son climat hivernal, le jardin bénéficie d'un aménagement original. Il met en scène les plantes qui entretiennent un rapport privilégié à l'homme.

photos-septembre-2010-0114.JPG Outre les plantes magiques et médicinales, tabac, pavots, khat, pervenche de Madagascar, le jardin compte de nombreuses plantes alimentaires fruitières telles que l’avocatier, le papayer, le goyavier, des bananiers, Néflier du Japon, Kiwi, Canne à sucre, Théier, Cacaoyer, la sapote blanche et un de leurs cousins chinois  le Musella Lasiocarpa, le jardin possède aussi une riche collection d'agrumes et plus de 80 palmiers différents qui s’épanouissent sous le microclimat mentonnais et sur les aracées aux énormes feuilles, comme le taro.

photos-septembre-2010-0137-copie-1.JPG Le jardin est si riche qu’il est difficile d’avoir l’œil partout, on se croirait dans une véritable jungle tropicale. Dès l'entrée du jardin, le ton est donné : Exubérance des bambous géants  du genre Dendrocalamus immanquables de la rue, bambous du sud est asiatiques atteignant 20 mètres de haut avec une circonférence de 50 cm, puis majesté de l'allée d'accueil bordée de Phoenix canariensis et fleurie notamment d'Heliconia latispatha rouge vif. Ce n’est qu’enchantement dans cet éden végétal ! Plusieurs plantes rares et endémiques y sont conservées précieusement.

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Le jardin du Val Rahmeh assume une fonction de conservation, illustrée par l'histoire du Sophora toromiro. Endémique de l'île de Pâques, cet arbre de la famille des légumineuses, qui mesure à peine 5 mètres de haut, est largement répandu lors de l'arrivée des premiers colons polynésiens. Son bois rouge, dur et imputrescible est utilisé pendant des siècles par les sculpteurs pascuans pour confectionner des statuettes et des objets cérémoniels.  Il est surexploité par une population devenue trop nombreuse et déchirée par des luttes fratricides. Le Sophora toromiro disparaît de l'île, à l'exception d'un unique spécimen qui réussit à survivre à l'intérieur d'un volcan qui deviendra bientôt inaccessible... Le Val Rahmeh cultive depuis plus de 10 ans ce ligneux en voie d’extinction qui se plait particulièrement à Menton sous ce microclimat idéal pour l’acclimatation des plantes sub-tropicales.

photos-septembre-2010-0044.JPG  Si l’histoire de Val Rahmeh démarre avec l’une des plus vieilles familles de la noblesse Mentonnaise, celui-ci prend son véritable envol avec l’achat de la propriété par Lord Percy Radcliffe ancien gouverneur de l’Ile de Malte, général de l'armée britannique et son épouse Rahmeh (Rahmeh terme arabo-persique d’origine indienne signifie vallon de la tranquillité).

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Avec la dernière propriétaire, Miss May Campbell, une riche Anglaise excentrique, passionnée de fleurs et surnommée la Dame aux daturas, le jardin s'enrichit de belles ornementales. Le 3 mars 1966, elle vend ce jardin à l'Etat. Ouvert au public en 1967, le jardin botanique du Val Rahmeh sera confié successivement au service des cultures du Muséum puis au laboratoire d’ethnobotanique.Pour anecdote le Monsieur qui m'a reçu à l'accueil etait le jardinier de Miss Campbell et il est né dans la propriété.

photos-septembre-2010-0124-copie-1.JPG  Depuis 2001, le domaine intègre par sa spécificité botanique, le département des jardins botaniques et zoologiques du Muséum national d’histoire naturelle. Le jardin présente des arbres exceptionnels : oliviers (plus de 500 ans), des collections de plantes exotiques : palmiers, datura, chorisia, lotus, ... ou disparues dans la nature dans une ambiance unique où s'exprime toute la fragile beauté du monde. Véritable lieu de recherche, d’enseignement et de conservation de collections végétales vivantes, il est également un lieu de calme et de repos. Le Val Rahmeh est une respiration de l’âme.

 

                            DIAPORAMA DU JARDIN

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Published by freerider06 - dans ALPES MARITIMES

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