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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 19:55

AOUT-2014-9662.JPG Tous les quais du port de Nice s'animent pour entrainer artistes en herbe, mélomanes, danseurs, aventuriers, gastronomes dans une grande déambulation festive. C'est une marée humaine qui a déferlé sur les quais en ce samedi soir 06 Septembre complètement estival. A 18h, il faisait 30° sur le port Lympia et quand j'en suis parti à minuit, le panneau affichait encore fièrement ses 24°. Je suis donc rentré sur Grasse en moto et toujours en short et T-shirt. C'est ça la Cote d'Azur, des températures équilibrées et douces qui ne connait pas les extrêmes ni dans un sens, ni dans l'autre...

AOUT-2014-9703.JPGLe Festin dou pouort est un rendez vous populaire de la scène niçoise qui se consomme en famille, entre amis et avec les touristes encore présent sur la Riviera.  Un monde fou ! Difficile de se frayer un passage sur le port de Nice. D'ailleurs la circulation était fermé à partir de 18H pour que le public prenne possession des rues, et des avenues jouxtant le port. Plus de 100.000 personnes ont déferlé sur les quais à l'ouverture et, ils n'ont pas été déçus ! 

AOUT-2014-0005.JPGle village des chefs est pris d'assaut !


Dés 19 heures, les convives se pressent à la table des chefs, le village de la gastronomie niçoise (certains ayant fait la queue, une heure avant l'ouverture), les chefs étoilés de la région régalent les gourmets à petit prix (plateau repas de spécialités truffées pour 5€)...avec les vignerons de Bellet, le vin niçois par excellence. Plus une seule table de libre, alors on déguste assis en tailleur, ou sur un rebord de jardinière.

AOUT-2014-9657.JPGC'est quoi une rascasse demande un parisien, c'est quoi un pan bagnat demande un alsacien, c'est  quoi la pissaladière demande un breton ? Et la Socca ? Mais, c'est super bon disent ils .... Et oui, la cuisine niçoise, c'est celle qui a du gout ! Sur l'eau, les pointus du club de la mouette jouent aux vedettes. Embarquent des visiteurs... aux anges sur la baie et la cité du même nom. Les groupes de pop/rock, blues s'enchainent. Un programme d'enfer sur ce port des anges.

AOUT-2014-9673.JPGAu Quai des Deux Emmanuel et au Quai d'Entrecasteaux, le show s'ouvre avec l'hymne du Comté, Nissa la Bella et son groupe porte drapeau, Lu Rauba Capeu, chants et discours en niçois, traduit ensuite en français. Et déjà, les couples se forment pour exécuter les danses nissarde. Ensuite ce fut le tour d’un autre style de musique: Fiesta Cubana et ses rythmes tropicaux avec ses danseuses aux attributs volumineux !

AOUT-2014-9688.JPGSur le quai Papacino jusqu'au Quai Cassini, les groupes de rock et hard rock, Benoît et la Lune, Ninety's Story, Noon XoXo, Miss America ont mis le feu. Au Quai Amiral Infernet et au quai de la douane, Oc'Brother Four et Kate's Band  ne sont pas en reste ! Sans compter toutes les animations déambulatoires, ainsi qu'un feu d'artifice qui a illuminé le ciel de la capitale de la Cote d'Azur.  Des festivités qui ont fait chavirer de bonheur son public.

AOUT-2014-9743.JPGUne heure avant l'ouverture


Nice est fille de la colonisation grecque. On ne s’étonnera donc pas de trouver, à la base de la fondation du comptoir de Nikaïa, au Vème siècle avant J.-C., un site réunissant trois éléments permanents de tout établissement grec: un abri, une source d’eau douce, un moyen de défense, le tout à proximité immédiate de la mer pour en faciliter l’usage. Dans l’Antiquité, aucun point du littoral niçois ne réunissait mieux ces éléments que l’anse des Ponchettes. Par comparaison, la rade de Villefranche, malgré la qualité de son abri, ne disposait pas d’un bon approvisionnement en eau et, dominée par les collines environnantes, était indéfendable.

AOUT-2014-9749.JPGIci on vend du poisson


Quant au futur site de Lympia, il n’est qu’une plage marécageuse. L’anse des Ponchettes présente en revanche un dispositif presque parfait. Au pied de la colline du Château, une source s’écoulait vers la mer; la même colline, enfin, permettait d’établir un point haut fortifié apte à protéger des installations commerciales et un habitat que l’on situe aujourd’hui aux alentours de l’église du Jésus. Certes, en cas de gros temps, il valait mieux se réfugier à Villefranche, mais dans l’ensemble, la grève des Ponchettes sur laquelle on tirait au sec les navires, comme Homère nous le décrit dans l’Odyssée permettait au quotidien l’activité commerciale et la vie de Nikaïa.

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C’est dans cet état que l’anse des Ponchettes, premier port de Nice, traverse l’Antiquité et le haut Moyen âge. Christianisée par une sainte Réparate dont la barque miraculeuse, arrivant de Palestine, aurait abordé sur cette grève, Nikaïa devient Nice (Nissa ou Nizza en italien). Mais son "port" ne change qu’une chose, son nom. Il devient l’anse Saint-Lambert, peut-être du nom d’une chapelle voisine aujourd’hui disparue. En revanche, tout ce qui constitue sa vie n’est guère modifié. Il n’y a toujours pas d’infrastructure fixe, ni digue ni quais ni phare. On tire au sec les plus petits navires et on décharge les autres par transbordement.

AOUT-2014-9788.JPGA partir de 1264, on y signale l’existence d’un arsenal et on sait qu’on utilisait des pontons de bois amovibles pour faciliter le déchargement des plus gros navires. On établit, à l’est, la Gabelle, sur le site actuel de l’ancien Sénat (une des principales activités du port est l’importation du sel) et au centre la halle aux poissons ou Pescarìa. Mais la fondation de Villefranche, en 1295, renforce le rôle de la rade comme équipement portuaire complémentaire et parfois rival. L’ensemble de ce système perdurera jusqu’au milieu du XVIIIème siècle.

AOUT-2014-9819.JPGMalgré une tentative de construction d’une digue, sous le duc Emmanuel-Philibert, ancrée dans les rochers des Ponchettes, l’anse Saint-Lambert demeure une grève à peine aménagée, une marina, comme on le dit en niçois pour désigner une portion de littoral recevant à la fois, et sans équipement, du commerce, de la pêche et des navires de guerre.

AOUT-2014-9821.JPGEnfin, les ambitions maritimes des Savoie se développent sous Emmanuel-Philibert (1553-1580) comme sous son fils Charles-Emmanuel Ier (1580-1630), à peine satisfaites par la construction, dans les années 1550, de la darse de Villefranche, réservée aux galères de la flotte de guerre.

AOUT-2014-9846.JPGle groupe niçois Lu Rauba Capéu


Le début des travaux de la route Nice-Turin par Tende (1616), la suppression des droits de douane par la création du port-franc (1612), l’exiguïté et l’inconfort de la Marina expliquent pourquoi se succèdent, durant tout le XVIIème siècle, plus de dix projets d’aménagement d’un nouveau port aux Ponchettes, comportant toujours les mêmes caractéristiques: la construction d’une digue parallèle à la côte et s’ouvrant au pied du Château; l’établissement d’un bassin, soit en utilisant l’anse existante, soit en creusant dans le marécage de l’embouchure du Paillon; la construction de quais sur l’emplacement de la muraille et du cours Saleya.

AOUT-2014-9837.JPGAucun de ces projets n’aboutit. Au milieu du XVIIIème siècle, alors que les Savoie, devenus rois de Sardaigne, ont de plus en plus besoin du port de Nice qui est, rappelons-le, le seul débouché maritime de leurs Etats, on décide d’abandonner le site des Ponchettes, décidément trop incommode. Décidée à Turin par le roi Charles-Emmanuel III en 1749, la construction du nouveau port Lympia va s’échelonner sur un siècle et demi !

AOUT-2014-9849.JPGCar l’équipement est ambitieux et coûteux: il s’agit de creuser, derrière une solide digue, la plaine de Lympia, pour y établir un, puis deux bassins, un arsenal, des quais, des entrepôts, puis de créer tout le quartier qui le desservira, dans un lieu qui est alors en pleine campagne. En fait, il s’agit de créer, en pleine terre, un port artificiel. Commencés en 1750, les travaux de construction de la digue et de creusement du premier bassin sont achevés en 1752. Mais, très vite, on se rend compte d’un certain nombre de difficultés.

AOUT-2014-9872.JPGLe port est trop petit; il faut creuser plus loin dans la plaine. Il a tendance à s’ensabler. Enfin, la passe est d’un accès difficile, surtout par gros temps, et la digue est trop basse et trop courte: les gros coups de mer passent par-dessus. On remédie à ces difficultés en doublant la digue extérieure d’une jetée intérieure.

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Un port exige de nombreux équipements annexes. Les ingénieurs De Vincenti, Borra, De Robilante, qui se succèdent, un demi-siècle durant, auprès du roi, pour concevoir et améliorer le port de Lympia projettent donc aussi un nouveau quartier et les liaisons avec la ville, entravées par la colline du Château, dont les pierres de la forteresse démolie servent à la construction de la digue.

AOUT-2014-9887.JPGC’est ainsi que l’on installe li galera, lou barri-lonc, le bagne, à la main d’œuvre bien utile pour ces travaux. C’est ainsi que l’on ouvre en 1774, en fracassant l’éperon sud de la colline, le quai Rauba-Capéu, destiné à joindre l’ancien port et le nouveau. C’est ainsi que l’on construit, au long de l’anse des Ponchettes, sur l’emplacement des anciennes murailles, les maisonnettes des Terrasses, destinées à abriter pêcheurs, métiers de la mer et entrepôts, et que l’on établit une promenade publique sur leur toit.

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C’est ainsi enfin que l’on projette un nouveau quartier, relié à la route de Turin par des rues larges et rectilignes construit sur un modèle géométrique et articulé autour de deux grandes places, la place Victor (aujourd’hui Garibaldi), achevée en 1790, et la future place Ile-de-Beauté. Le quartier commence à se construire (à partir de 1781), encouragé par le roi, dopé par l’élargissement des franchises et l’activité de la communauté juive niçoise libérée du ghetto.

AOUT-2014-9954.JPGMais l’invasion française de 1792, puis l’asthénie de la vie maritime sous l’Empire du fait de la domination des mers par l’Angleterre brisent cet élan. L’anse des Ponchettes n’abrite plus que des barques de pêcheurs; le port Lympia n’est fait que d’un petit bassin et d’un embryon de grand bassin. Il faut attendre les années 1830 pour que, sous la Restauration sarde, les projets du XVIII siècle recommencent à être développés.

AOUT-2014-9982.JPGL’érection de la statue du roi Charles-Félix, souverain particulièrement attentif au développement du port, en 1829, en donne comme le signal. En 1831, la ville de Nice intervient pour la première fois dans le projet, jusqu’alors directement piloté depuis Turin, pour demander la fixation des limites du grand bassin. C’est chose faite en 1833. En 1841 et 1846, on allonge la digue de plus de cinquante mètres: le plan d’eau passe de quatre à six hectares.

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En 1844, on lance le percement de la rue Cassini et la construction des immeubles jumeaux de la place Ile-de-Beauté et de l’église. Dans le même temps, aux Ponchettes, on a doublé la Terrasse vieille d’une Terrasse neuve sous laquelle prend place la nouvelle Pescarìa. Après 1860, le gouvernement français n’aura plus qu’à poursuivre, le schéma tracé depuis le XVIIIè.

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C’est ainsi que le creusement du grand bassin est achevé, avec son majestueux escalier (1888), en 1897. Le port, dragué, équipé pour la manutention à vapeur, relié au chemin de fer par le tramway (1909), développe son antique commerce d’huiles. La digue est prolongée de 108 mètres en 1872 et dotée d’un phare, puis de 235 mètres en 1908. En 1912, un nouveau bassin, faisant figure d’avant-port, le bassin du Commerce, est ouvert. 

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De nombreuses entreprises liées à l’activité économique portuaire s’implantent (minoteries, entrepôts à huiles, à charbon, fabriques alimentaires diverses, Manufacture des Tabacs, cimentiers etc.). Dès lors, malgré les vicissitudes économiques, le port Lympia conserve son rôle de poumon économique de la ville autour de ses trois activités, industrielle, plaisancière et liaisons avec la Corse. Il est à ce jour le premier port cimentier de France et le port de France le plus proche de la Corse.

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fiesta cubaine sur la scéne du quai des deux Emmanuel


                                DIAPORAMA DE LA FETE


  
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Published by freerider06 - dans comté de Nice

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