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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 06:33
LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR

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Ce corps d’élite avait une relation particulière avec notre Pays Niçois tant les hommes qui le composaient avaient un rapport privilégié avec nos montagnes dont, pour la plupart, ils étaient issus. Cette osmose avec leur pays s’est perpétuée au fil du temps, malgré la volonté farouche de la république française de formater les habitants des régions qu’elle administrait, habitants issus pour la plupart du monde paysan.

LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR

Le vallon de Salso Moreno offre les vues les plus étonnantes du Mercantour. On se croirait dans les steppes de Mongolie !

Lors de la « grande boucherie » de la guerre de 1914/1918, que l’on ose dire Grande, toute la population paysanne des pays européens fut mobilisée et ce conflit sonnera la fin du monde agricole. Ce conflit affectera considérablement notre pays Niçois qui paiera un lourd tribut à cette guerre civile européenne.

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Il y aura plus de 4000 combattants tués issus de la ville de Nice ce qui laisse imaginer le nombre d’enfants du Comté qui ont perdu la vie dans un conflit qui les dépassait. Il leur aura fallu du courage à ces enfants du pays pour supporter les conditions particulières de cette guerre dans des contrées qu’ils ne connaissaient pas, au milieu de populations qui leur étaient étrangères et avec le mépris que pouvaient avoir l’état-major français à leur égard.

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Le casernement du camp des fourches à 2291métres d'altitude datant de 1890

Le traitement dont fut l’objet le XV° corps (composé de soldats venus de chez nous) est assez symptomatique à cet égard. Ils furent accusés de défaitisme pour masquer les défaillances du commandement suprême et, face à la première cuisante défaite des troupes françaises, le chauvinisme français avait besoin d’un bouc émissaire et ce furent, selon les paroles d’un historien français, « des français un peu moins français que les autres, à tout le moins, un peu particuliers » qui en firent les frais.

LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR

Vision irréelle d'un village en ruine

Cependant, on peut noter les réactions des adversaires allemands qui les appelaient les « schwarze teufel », les diables bleus (habillés en noir) qui se traduisait par une admiration envers ces soldats venus d’ailleurs:  combattre les diables bleus, est un honneur pour le guerrier allemand.

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Si nous pouvions oublier les horreurs provoquées par la bêtise des hommes, nous pourrions, sûrement, admirer le comportement admirable de nos chasseurs alpins dans cette tourmente. C’est par l’attachement à leur terre et à leurs montagnes, à leurs familles et à leurs villages, qu’ils ont pu surnager (et pour certains survivre).

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C’est par la petite histoire (souvent bien plus intéressante) que l’on peut comprendre celle que l’on appelle grande (sic). N’oublions pas, au passage, que notre Pays Niçois fut pendant plusieurs siècles partie intégrante d’Empires Germaniques. Les livres d'histoire de France ne l'apprennent pas !

LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR
LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR

Direction le fort du Camp des Fourches avec sa tourelle métallique dite « Séré de Rivière »

Nice et le Pays Niçois ont payé un lourd tribut à cette guerre qu’un grand nombre d’officiers participants nommeront boucherie, charnier, enfer, pour encore une fois de plus aucune reconnaissance faite par le pays qui nous avait annexé.

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Rochers des Trois Eveques et Téte de l'Enchastraye 2954m

Si pour les touristes (encore de nos jours), notre terroir se résume souvent à la zone littorale: « la mer de Nice », « le pays bleu », « la Riviera enchantée » chers aux littérateurs depuis Théodore de Banville jusqu’à Dominique Durandy et Jean  Cocteau, il ne faudrait pas oublier que le Comté de Nice depuis toujours est constitué de 70% de montagne et même de très haute montagne.

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Blockhaus du Mont des Fourches

Nice est naturellement tournée vers ses vallées et ses montagnes, voie naturelle vers les Alpes qui sont le lien avec la Maison de Savoie à laquelle les Niçois, « ces montagnards face à la mer », s’étaient dédiés en 1388. C’est donc, un pays de chasseurs alpins qui connaissent extrêmement bien la montagne depuis des siécles.

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Les chasseurs alpins de la région de Nice avaient tenu presque exclusivement les secteurs des Vosges et d’Alsace avec leurs camarades alpins des autres garnisons des Alpes. Ils s’illustrèrent entre autres au cours de combats acharnés pour la possession de l’Hartmannswillerskop, le fameux « Vieil Armand ».

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Blockhaus de Ventabren sur la ligne Maginot du Mercantour

Beaucoup, beaucoup trop, reposent dans le cimetière de Silberloch, près de Cernay (Haut-Rhin), au cimetière des chasseurs, Lingerkopf, près de Munster.

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À la déclaration de guerre, la garnison alpine de Nice comprenait le 6e BCA à Nice, le 23e à Antibes , le 20e à Grasse, le 24e à Villefranche, le 27e à Menton. Mais pour les Niçois, les Diables bleus ce sont surtout les chasseurs du 22e à qui ils portaient beaucoup d’affection.

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Fort du Mont des Fourches

Qu’est ce qui a fait que ce corps d’élite occupe une place si importante dans le cœur des Niçois. On se demande, alors, comment les Chasseurs Alpins, ont pu s’intégrer d’une façon si naturelle dans la communauté Niçoise sans être reçus comme une troupe d’occupation, comme l’ont toujours été, avant eux, les soldats français au cours de l’histoire.

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Il faut savoir qu’un enfant de Nice qui s’appelait Joseph Garibaldi a contribué à faire admettre les troupes alpines au peuple dont il était issu. En 1859, Giuseppe Garibaldi, partisan convaincu de l’unité italienne, lève une troupe de francs-tireurs… troupe entraînée  pour évoluer dans la montagne qu’il nomme « les chasseurs des Alpes » (ce seront ces trois mille hommes qui formeront l’ossature des fameux « mille », héros de l’unité italienne).

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LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR

Garibaldi qui était un enfant du pays savait bien que celui qui tenait la montagne avait un avantage décisif, il savait qu’une troupe entraînée pour passer sur des chemins de chèvre gagnerait de vitesse la troupe ennemie et que, dans le relief particulier et tourmenté de notre pays, une guerre de « guérilla » menée par une troupe mobile,  capable de « coups de main » et de se retirer aussi vite qu’elle était venue, donnerait un avantage décisif au camp auquel elle appartenait.

LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR

Nos Chasseurs Alpins furent précédés par les « Alpinis », de l’autre côté des Alpes, qui avaient été créé sur le modèle des Chasseurs du Tyrol, les Tiroler Kaïserjäger (le chapeau que portent les Alpinis est significatif à cet égard).

LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR
LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR

Et la fraternité d’armes de ces hommes des montagnes, d’un côté à l’autre est accentuée par le fait que la notion de frontière leur était totalement inconnue.

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Casernement du Restefond à 2550m d'altitude

Pendant des siècles, ces hommes se retrouvaient dans les montagnes et cette habitude perdura après que fussent fixées des frontières qui étaient artificielles dans leur esprit. Les Nissarts et les Piémontais se rencontraient toujours, par delà les frontières.

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Bien évidemment, le recrutement privilégié de ce nouveau corps de montagne se fera au sein de la population locale car, et cela parait évident, les habitants du Comté étaient ceux qui connaissaient le mieux cette montagne.

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LES DIABLES BLEUS DU MERCANTOUR

Non seulement, ils connaissaient par cœur leurs Alpes mais étaient comme des poissons dans l’eau au sein des populations du haut-pays. Avec leur implantation dans les différentes garnisons de montagnes, ils seront toujours présents pour rendre divers services aux populations.

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Une cloche GFM (Guetteur et fusil mitrailleur)

 

               DIAPORAMA CAMP BONETTE RESTEFONT

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Published by freerider06 - dans comté de Nice

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